PME camerounaises: nouveaux horizons

Par  Josiane TCHAKOUNTE, Cameroon Tribune
soudeur-camerounaisDepuis quelques jours, les promoteurs des Petites et moyennes entreprises (PME) camerounaises ne reçoivent que de bonnes nouvelles ces derniers temps. L’ouverture le 20 juillet 2015 de la Banque camerounaise des PME (BC PME S.A). Tout un événement ! Avec l’entrée en activité de cet établissement de crédit, les PME espèrent avoir moins
de souci à trouver des financements pour développer leurs activités. C’est d’ailleurs la principale mission qui a été assignée à cette nouvelle structure.
C’est elle qui va leur accorder des crédits sans trop de tracasseries, avec des taux d’intérêts légèrement bas par rapport aux banques commerciales classiques et avec des conditions et garanties plus souples. « La BCPME est appelée à faire dans le conseil et l’accompagnement. Les statuts sont clairs là-dessus. Nous avons pour mission d’offrir des concours financiers aux PME et à ce titre, nous sommes appelés à faire toutes les opérations de banque, toutes les opérations connexes, toutes les prestations de services bancaires, économiques et financiers d’appui au développement des PME », confiait récemment Agnès Ndoumbè Mandeng, Dg de la banque.
La création de la BCPME vient compléter une série d’instruments d’accompagnement mis en place par le gouvernement au profit des PME. Déjà, en amont, le cadre législatif a été revu. Certaines dispositions de la loi du 12 avril 2010 portant promotion des PME au Cameroun viennent d’être modifiées. La nouvelle loi datant du 16 juillet 2015 fixe les règles générales de promotion des PME conformément à la charte des investissements au Cameroun. Au sens de cette nouvelle loi promulguée par le chef de l’Etat, il y a quelques jours, « la promotion des PME, s’effectue à travers l’appui à la création, l’incubation, l’appui au développement et le soutien au financement ». D’après cette même loi, la PME est définie comme : « toute entreprise quel que soit son secteur d’activité, qui emploie au plus 100 personnes et dont le chiffre d’affaires annuel hors taxes n’excède pas trois milliards de F ». On y retrouve la petite entreprise avec un personnel compris entre six et vingt personnes et un chiffre d’affaires annuel hors taxes supérieur à 15 millions de F et n’excédant pas 250 millions de F. Et la moyenne entreprise dont l’effectif d’employés oscille entre 21 et 100 personnes, avec un chiffre d’affaires annuel hors taxes supérieur à 250 millions de F et n’excédant pas trois milliards de F.
Au niveau de la création, les Centres de formalités de création d’entreprises (CFCE) disséminées à travers le territoire offrent l’opportunité d’ouvrir sa structure en 72h. On compte à ce jour plus de 33 000 CFCE répartis à travers le pays. Toutes les formalités administratives liées à la création d’entreprises étant concentrées en un seul lieu, les chefs d’entreprises bénéficient d’un gain de temps. Pour aider les entrepreneurs à bien monter leurs projets, des centres d’incubation  ont également été mis sur pied. Ce sont des lieux d'accueil et d'accompagnement de porteurs de projets de création d'entreprise. Ils offrent un appui en matière de formation, de conseils, de financements et de recherche des financements. Plus de 200 promoteurs de PME sur un objectif de 10 000 ont déjà bénéficié de l’accompagnement offert au sein de l’incubateur installé à l’Ecole nationale supérieure polytechnique de Yaoundé. S’agissant du développement des activités des PME, les promoteurs en attendant les premiers crédits de la BCPME SA, bénéficient déjà pour certains des financements du crédit-bail, orientés vers l’acquisition des outils de production. La création de la Bourse de sous-traitance et de partenariat en 2013, répond au souci d’améliorer la compétitivité des PME. Elle constitue une plateforme de mise en relation des PME/PMI et des grandes entreprises nationales et multinationales.
Comme en Afrique, les PME jouent un rôle-clé dans la création de richesses et d’emplois. Au Cameroun, elles constituent 95% du tissu entrepreneurial. Evoluant pour la plupart dans le secteur informel, un travail de migration est en cours. Lors du dernier conseil de cabinet tenu le 25 juin, le ministre en charge des PME, dans un exposé sur la politique de migration des entreprises du secteur informel vers l’économie formelle, confiait que « la migration vers la très petite et la petite entreprise connaît un coup d’accélération à la faveur de l’entrée en service de l’Agence de Promotion des PME (APME), de la Bourse de Sous-traitance et de Partenariat (BSTP), des Centres de Gestion Agréée (CGA), du Bureau de Mise à Niveau des entreprises (BMN). Toutes choses traduites par la création de 3797 entreprises au premier trimestre 2015 ». Le travail se poursuit et sera renforcé avec l’ouverture annoncée pour le mois prochain, de l’Agence de promotion des PME, autre structure d’encadrement.

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