Stimuler l'investissement privé en Afrique: Le Japon et la BAD renforcent leur partenariat
Le Japon et le Groupe de la Banque africaine de développement ont renforcé davantage leur partenariat lors des Market Days 2025 du Forum africain de l’investissement (Africa Investment Forum, AIF) qui se sont déroulées du 26 au 28 novembre 2025 à Rabat, au Maroc. Les deux parties ont annoncé de nouveaux engagements dans le cadre de l’initiative de Renforcement de l’assistance au secteur privé pour l’Afrique (EPSA, sigle en anglais pour Enhanced Private Sector Assistance for Africa), afin de mobiliser des capitaux privés pour appuyer la croissance économique du continent.
Lors d’un événement intitulé, « Japan Special Room », des start-up, des sociétés de négoce, des institutions financières et des partenaires de développement ont participé à deux sessions de haut niveau consacrées à la mobilisation des capitaux privés et à l’intégration de l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales.
Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Dr Sidi Ould Tah, a souligné le rôle du partenariat Japon–Afrique dans la réduction du déficit de financement du continent. « L’Afrique connaît une croissance très rapide et son potentiel est immense. Mais pour libérer ce potentiel, il faut à la fois des partenariats et des mécanismes de financement innovants », a-t-il souligné, citant des projets tels que la centrale géothermique de Menengai au Kenya (35 mégawatts), développée avec Toyota Tsusho et Fuji Electric et le Programme de croissance agricole de la Côte d’Ivoire, mis en œuvre par NEC Corporation, tous deux financés avec l’appui du Groupe de la Banque africaine de développement.
« Ce sont des démonstrations concrètes de ce qui est possible lorsque nous combinons les opportunités de l’Afrique, les atouts du Japon et le financement catalytique de la Banque africaine de développement », a ajouté Dr Ould Tah.
L’initiative EPSA qui est actuellement dans sa cinquième phase, est en bonne voie pour atteindre son objectif de cinq milliards de dollars en 2025, tandis que l’EPSA 6 vise à porter les engagements à 5,5 milliards de dollars sur la période 2026–2028, a déclaré le directeur général adjoint de l’Agence japonaise de coopération internationale (ICA), Shigeo Honzu,. Il a également présenté une nouvelle initiative japonaise intitulée, « Investissement à impact pour le développement de l'Afrique émergente (Impact Investing for Development of Emerging Africa, en anglais), mise en place dans le cadre de la 9e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD 9) qui vise à mobiliser 1,5 milliard de dollars afin de promouvoir l’inclusion financière, la croissance verte, la sécurité alimentaire et la santé.
Le Fonds d’assistance au secteur privé africain (FAPA), soutenu par le Japon et géré par le Groupe de la Banque, destiné à fournir une assistance technique afin de réduire les risques des projets pour le financement commercial, a permis de générer des transactions de 30 milliards de dollars, a déclaré Hassatou N’Sele, vice-présidente chargée des Finances et Chief Financial Officer du Groupe de la Banque africaine de développement. Les projets soutenus par le FAPA ont libéré un potentiel d’investissement compris entre 500 millions et un milliard de dollars, tandis que des programmes au niveau des entreprises ont soutenu plus de 200 sociétés et formé 15 000 personnes.
« Pour les entreprises japonaises qui envisagent une expansion en Afrique, le FAPA est un outil pratique et puissant. Le Japon reste pleinement engagé à soutenir l’expansion des entreprises et à contribuer à la croissance durable de l’Afrique », a déclaré Minoru Hasegawa, responsable au ministère japonais des Finances.
Il a souligné que l’expérience et le savoir-faire du Japon peuvent être adaptés aux priorités africaines. « L’intégration des industries africaines dans les chaînes de valeur mondiales est essentielle pour la croissance à long terme du continent et pour le développement sain de l’économie mondiale », a-t-il souligné.
La première session a présenté des entreprises japonaises innovantes qui proposent des solutions transformatrices en Afrique. Il s’agit notamment des solutions d’agriculture numérique proposées par l’entreprise NEC Corporation en Côte d’Ivoire, des services de santé maternelle basés sur l’intelligence artificielle (IA) de l’entreprise SOIK, des drones et applications d’IA de SORA Technology pour l’agriculture et la santé, ainsi que des initiatives de Double Feather Partners et Space Shift qui utilisent l’IA pour réduire les risques d’investissement.
Un second panel de haut niveau a examiné le cofinancement, le rehaussement de crédit et le financement mixte afin d’accélérer l’intégration de l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales, en mettant l’accent sur les infrastructures, les minerais critiques et l’agriculture.
Des dirigeants de grandes banques et institutions japonaises ont partagé leurs expériences dans la mobilisation de milliards de dollars pour des projets africains grâce à des mécanismes d’atténuation des risques, de crédit à l’exportation et de financement mixte. Parmi eux figuraient Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), Sumitomo Mitsui Banking Corporation (SMBC), Nippon Export and Investment Insurance (NEXI) et la Banque japonaise pour la coopération internationale (JBIC).
Le directeur général senior à la NEXI, Yuichiro Akita, a souligné le rôle croissant de l’assurance contre les risques politiques et du crédit à l’exportation dans le soutien aux investissements japonais dans les secteurs des minerais et des infrastructures en Afrique. Il a noté que les gouvernements africains sont de plus en plus « ouverts aux partenariats étrangers », non seulement dans l’extraction des ressources, mais aussi dans les infrastructures connexes telles que les ports, les chemins de fer et les corridors commerciaux.
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