Egypte-Union européenne : Vers une coopération plus accrue

Rania Al-Mashat recevant Gelsomina Vigliotti.

Plusieurs aides provenant de l’Union Européenne (UE) et ses institutions sont parvenues cette semaine à l’Egypte. La plus importante était un financement concessionnel de développement d’un montant d’un milliard d’euros, accordé à l’Egypte par l’UE. Ce décaissement intervient dans le cadre de la première tranche de la deuxième phase du Mécanisme de soutien macroéconomique et d’appui budgétaire (MFA). La deuxième phase du MFA comprend trois tranches : la première vient d’être décaissée et les deux autres, d’une valeur totale de 3 milliards d’euros, parviendront à l’Egypte en 2026 sur deux versements. 

Ce financement fait partie du paquet signé en octobre dernier lors du premier Sommet égypto-européen à Bruxelles. La ministre de la Planification, du Développement économique et de la Coopération internationale, Rania Al-Mashat, a dit que le gouvernement avait pris 16 mesures économiques et structurelles, dans le cadre de la première tranche de la deuxième phase du MFA, pour amener le nombre de réformes mises en oeuvre à 38 dans le cadre du partenariat stratégique avec l’UE. « Cette démarche s’inscrit dans le cadre des efforts visant à fournir des alternatives de financement moins coûteuses que celles disponibles sur les marchés internationaux afin de soutenir le budget et d’élargir la marge de manoeuvre budgétaire pour le financement des programmes et projets », a déclaré la ministre.

Deux jours avant le décaissement de cette aide, Rania Al-Mashat a assisté à la signature de deux accords visant à renforcer les investissements dans le secteur privé, d’une valeur de 137,5 millions de dollars, fournis à l’Egypte par la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et ce, lors de la visite de Gelsomina Vigliotti, vice-présidente de la banque, en Egypte. L’un de ces accords, d’une valeur de 80 millions de dollars, a été conclu entre la BEI et le fonds RMBV III North Africa. En vertu de celui-ci, la banque investira cette somme dans le troisième fonds RMBV dédié à l’Afrique du Nord. L’autre accord, d’une valeur de 37,5 millions de dollars, a été signé entre, d’une part, la BEI, la Société financière internationale (IFC) et l’Agence de développement des micro, petites et moyennes entreprises (entité gouvernementale égyptienne) et, d’autre part, le fonds Alta Semper II. En vertu de cet accord, la BEI investira 37,5 millions de dollars et l’IFC 20 millions de dollars dans le deuxième fonds Alta Semper afin de soutenir la croissance des entreprises pharmaceutiques et de santé en Afrique, y compris dans les domaines des équipements et des technologies médicales. « L’idée n’est pas seulement d’offrir des aides financières et des crédits faciles, mais l’assistance technique, par exemple, est importante aussi pour réaliser des études de faisabilité et pour former du personnel », a déclaré Rania Al-Mashat, soulignant que l’Egypte est devenue une plateforme non seulement pour le financement du secteur privé national, mais aussi pour les financements transfrontaliers.

Accélérer le développement du secteur privé

Parlant du premier accord, de 80 millions de dollars de valeur, Rania Al-Mashat a déclaré que cet investissement vise à accélérer le développement du secteur privé et devrait mobiliser plus de 300 millions de dollars d’investissements dans des entreprises du secteur privé, dans le cadre d’une stratégie régionale axée sur l’Afrique du Nord. Elle a noté que le second investissement, par contre, permettra de mobiliser environ 150 millions de dollars dans le secteur de la santé, en particulier en Afrique du Nord. « Cela confirme l’orientation de l’Etat visant à renforcer le rôle du secteur privé en tant que partenaire-clé du développement », a signalé la ministre, soulignant que la deuxième édition de la stratégie nationale pour le développement global prévoit que le secteur privé joue un rôle plus important dans l’économie. Cette nouvelle édition de la stratégie intitulée « Politiques soutenant la croissance et l’emploi » vient d’être lancée au début de la semaine dernière. Selon le gouvernement, cette édition met en priorité le développement humain comme principal moteur de la croissance économique ; elle met également l’accent sur les secteurs à forte valeur ajoutée et sur un meilleur accès aux marchés d’exportation afin de renforcer la compétitivité de l’économie égyptienne. 

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