Berlin présente sa stratégie d'aide au développement

 Berlin souhaite renforcer les intérêts de l'Allemagne tout en apportant davantage de soutien aux pays pauvres. Comment y parvenir ?

Le plan de réforme de Reem Alabali Radovan va devoir convaincre le Bundestag.


En 2026, le ministère allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) disposera d'un peu plus de dix milliards d'euros de budget, contre près de 14 milliards il y a encore quatre ans. C'est dans ce contexte financier que la ministre Reem Alabali Radovan a présenté la nouvelle stratégie du BMZ à Berlin ce lundi (12.01).

"Nous ne pouvons pas tout faire partout, c'est pourquoi nous rassemblons nos forces", a déclaré la social-démocrate. Son plan de réforme de 26 pages intitulé "Façonner ensemble l'avenir à l'échelle mondiale" se présente comme une réponse aux coupes budgétaires massives dans l'aide au développement, qui seront suivies d'autres baisses de financements d'ici 2029.

Dans le même temps, les Etats-Unis de Donald Trump, plus grand contributeur à l'aide internationale, ont réduit leurs financements à peau de chagrin et démantelé l'agence d'aide au développement USAID.

Politique de développement, diplomatie, défense

La solidarité internationale est sous une pression énorme, a regretté Reem Alabali Radova. Compte tenu du nombre croissant de crises et de guerres, il faut s'adapter aux nouvelles réalités : "Parmi les trois piliers, la politique de développement devient encore plus une pierre angulaire de la sécurité allemande, avec la diplomatie et la défense."

De plus, l'argent de plus en plus rare doit être davantage utilisé pour lutter contre la faim et la pauvreté. "Nous ne nous retirons d'aucun pays partenaire", a rassuré la ministre, en fonction depuis mai 2025. Elle a toutefois ajouté qu'"il est parfaitement clair que nous ne pourrons pas à nous seuls combler le gap causé par les États-Unis, mais nous ne serons pas non plus en concurrence avec la Chine".

Les entreprises allemandes et européennes en bénéficieront

La Chine est depuis longtemps investie dans les politiques de développement, notamment en Afrique. Cette aide se fait toutefois souvent au détriment des pays concernés du point de vue des pays occidentaux.

Reem Alabali Radova assure ainsi que l'objectif de l'Allemagne est de créer de la valeur dans les pays et régions ciblés : "De bons emplois, de bonnes conditions conformes aux normes des droits de l'homme et aux normes climatiques. Et bien sûr, de préférence avec des entreprises allemandes ou européennes."

Le changement de paradigme dans l'aide au développement allemande prévoit également une nouvelle forme de coopération avec les pays qualifiés d'émergents. À l'avenir, ils ne seront soutenus que par des prêts de la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW), un organisme de crédit appartenant à l'État. Selon Reem Alabali Radovan, les bénéficiaires potentiels de ces fonds sont des pays comme l'Inde, l'Afrique du Sud et le Mexique.

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