Russie–Afrique–Middle East : une réinvention stratégique de la coopération Sud-Sud


 La Deuxième Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie–Afrique, qui s’est tenue au Caire fin décembre, a confirmé l’accélération des relations économiques et politiques entre Moscou et les pays africains. Réunis autour de priorités partagées, les ministres africains et russes ont adopté une feuille de route pour renforcer le commerce, l’investissement et la coopération stratégique dans un monde en pleine recomposition.

La conférence de haut niveau qui s’est tenue au Caire du 19 au 20 décembre 2025 a rassemblé des délégations de plus de 50 États africains, co-présidées par le ministre russe des Affaires étrangères. La présence à ce niveau gouvernemental, associée à celle du ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et du ministre angolais Téte António, président du Conseil exécutif de l’Union africaine, a donné à l’événement une dimension politique et économique affirmée.

Dans leurs interventions, les participants ont mis en avant une vision fondée non seulement sur la coopération économique, mais aussi sur le respect de la souveraineté nationale, l’égalité des partenaires et la non-interférence. Le communiqué final souligne une volonté commune de renforcer le commerce et les investissements tout en soutenant la paix, la sécurité et un développement durable sur le continent.

Lors de la conférence d’ouverture, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré que le partenariat russo-africain “se développe régulièrement dans tous les domaines” et que Moscou est déterminé à “libérer le potentiel énorme d’une coopération pratique” avec l’Afrique. Il a notamment souligné que le commerce bilatéral avait augmenté d’environ 13 % pour atteindre près de 28 milliards de dollars — une dynamique significative malgré les sanctions internationales qui pèsent sur l’économie russe.

Cette croissance modeste du commerce met toutefois en perspective l’écart persistant avec d’autres partenaires internationaux : l’Afrique échange aujourd’hui bien davantage avec la Chine ou l’Union européenne qu’avec la Russie, soulignant le potentiel encore largement inexploité de cette relation. Néanmoins, l’adoption d’une déclaration conjointe appuie l’intention d’élargir les échanges commerciaux, diversifier les secteurs concernées et renforcer les investissements croisés.

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