Russie-CEDEAO : après les ruptures au Sahel, avec qui l’Afrique de l’Ouest construit-elle ses nouvelles alliances ?
Actus. Moscou prépare un accord de coopération avec la CEDEAO, notamment dans le domaine de la sécurité. Une annonce qui intervient alors que l’Afrique de l’Ouest redéfinit ses équilibres diplomatiques et cherche de nouvelles réponses à la crise régionale.
La Russie se rapproche de la CEDEAO. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé lundi 17 août la prochaine signature d’un mémorandum de coopération entre Moscou et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, notamment dans le domaine de la sécurité. L’annonce a été faite à Moscou, à l’issue d’un entretien avec le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa. Aucun détail n’a encore été donné sur le contenu précis ou le calendrier de signature de ce futur accord.
La Russie veut désormais parler aussi avec la CEDEAO
Cette initiative est significative par le moment où elle intervient. Ces dernières années, Moscou a considérablement renforcé ses relations avec plusieurs États africains, en particulier au Sahel. En juillet, la Russie et la Confédération des États du Sahel, qui rassemble le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ont approfondi leur coopération politique et sécuritaire à l'occasion de consultations organisées à Niamey. Les discussions ont notamment porté sur la sécurité, l'économie et la coordination diplomatique.
Le futur mémorandum avec la CEDEAO ouvrirait donc un autre canal : non plus seulement des relations bilatérales ou un partenariat avec l’AES, mais une coopération avec l’organisation régionale ouest-africaine elle-même. La nuance est importante. La diplomatie russe semble chercher à développer simultanément ses relations avec différentes architectures africaines, dans une région où les alliances ne se résument plus à une opposition entre deux camps.
Une CEDEAO confrontée à la recomposition régionale
La CEDEAO traverse elle-même une période de transformation. Le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger et la création de l’AES ont profondément modifié l’organisation politique et sécuritaire de l’Afrique de l’Ouest.
Mais les deux ensembles cherchent désormais à maintenir ou recréer des espaces de dialogue. Les Nations unies ont récemment relevé une reprise des échanges régionaux entre la CEDEAO et l’AES, alors que plusieurs initiatives visent à répondre aux défis sécuritaires et à éviter une fragmentation durable de la région.
De son côté, la CEDEAO continue de travailler sur ses propres mécanismes de paix et de sécurité, notamment autour de la prévention des conflits, de la lutte contre le terrorisme et du renforcement de sa capacité de réponse collective. C’est dans ce paysage devenu beaucoup plus complexe que pourrait s’inscrire le rapprochement annoncé avec Moscou.
Moscou prépare aussi le sommet Russie-Afrique
L’annonce intervient à quelques semaines du troisième sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou à la fin du mois d’octobre. Sergueï Lavrov a présenté ce rendez-vous comme une nouvelle étape dans le développement du partenariat entre la Russie et le continent africain. La Russie cherche notamment à renforcer sa coopération avec les organisations africaines. En juillet, Lavrov s’était rendu au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba pour des consultations consacrées à la sécurité, mais aussi au commerce, à l’investissement, à l’énergie et à la coopération politique. Lire la suite ICI
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