Cameroun : l’agence Moody’s stabilise la note financière malgré les alertes de trésorerie
Le Cameroun subit l’explosion des coûts du refinancement commercial
Les experts de l’agence constatent une saturation marquée du marché obligataire de la CEMAC pour l’absorption des nouveaux bons du Trésor. L’administration centrale a mobilisé la moitié de ses besoins de financement annuels à la fin du mois de juin. Cette recherche de capitaux s’appuie sur des emprunts commerciaux onéreux pour remplacer les financements concessionnels traditionnels. Les prévisions comptables annoncent une hausse de la dette publique à hauteur de 45 % du produit intérieur brut national.
Cette dégradation intègre la reprise directe des engagements financiers de la société nationale d’électricité dans le bilan comptable de l’État. Les insuffisances constatées dans la gestion budgétaire provoquent un abaissement de l’évaluation institutionnelle globale du pays. Les analystes dégradent le score de gouvernance de la note B3 au niveau Caa1 à cause des antécédents d’arriérés intérieurs.
Le freinage de l’activité économique nationale
Les hésitations de l’exécutif freinent le déploiement des grands chantiers. Les blocages administratifs gèlent parallèlement les négociations entre le Cameroun et le Fonds monétaire international. Les experts ramènent la projection de croissance à 3,4 % cette année. Le trou budgétaire atteint 2,5 % du produit intérieur brut. Cette dégradation s’explique par la flambée des aides publiques pour le carburant. Le tarissement des puits de pétrole fragilise les caisses de l’État. L’agriculture et les projets hydroélectriques manquent encore de financements structurés. Les conditions de refinancement sur le long terme dépendent de l’accès permanent aux liquidités régionales pour éviter de lourdes pertes aux investisseurs. La direction du Trésor cherche à étendre la maturité des obligations pour apaiser les tensions récurrentes de la trésorerie.
Cette stabilisation sous surveillance met en relief la vulnérabilité d’un modèle économique suspendu aux interrogations des bailleurs de fonds sur l’après Paul Biya. L’absence de désignation d’un vice-président entretient un climat d’attente frileuse chez les investisseurs face au risque d’une transition désordonnée. Le Trésor public se voit contraint de financer des dations de sécurité non budgétisées pour contenir les frictions dans les provinces anglophones et dans l’Extrême-Nord. Lire la suite ICI
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