Réforme : Le Cameroun actualise la classification de ses entreprises publiques, le 13 août 2026
Le Ministère des Finances (MINFI) a officialisé la nouvelle classification triennale des entreprises publiques au Cameroun, un outil de régulation qui fixe directement le plafond des salaires et des avantages octroyés à leurs dirigeants. Cet arrêté ministériel s'appuie sur la performance financière moyenne réalisée au cours des exercices clos de 2022, 2023 et 2024, conformément aux dispositions du décret présidentiel n°2019/321 du 19 juin 2019.
Cette mise à jour majeure modifie profondément la cartographie économique de l'État en réorganisant les entités selon cinq catégories de chiffre d'affaires, marquant d'importantes promotions et rétrogradations.
Le barème
financier des 5 catégories réglementaires
Le classement détermine le statut des entreprises
selon les paliers de chiffre d'affaires suivants :
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1ère catégorie : Supérieur à 100 milliards de FCFA.
·
2e catégorie : Compris entre 50 et 100 milliards de FCFA.
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3e catégorie : Compris entre 10 et 50 milliards de FCFA.
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4e catégorie : Compris entre 5 et 10 milliards de FCFA.
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5e catégorie : Inférieur ou égal à 5 milliards de FCFA.
Première catégorie : Le club des géants s'élargit à 7
entreprises
Auparavant limitée à quatre mastodontes en 2023, la
catégorie reine compte désormais sept entreprises publiques franchissant
la barre des 100 milliards de FCFA :
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Les piliers historiques : La SNH,
la Sonara, la Sodecoton et Camtel conservent leur rang.
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Les promus : Le Port Autonome de Douala (PAD) et la
société métallurgique Alucam font une entrée remarquée au sommet grâce à
leurs performances commerciales.
Deuxième et troisième catégories : Forts mouvements de
terrain
Les échelons intermédiaires enregistrent les mutations
les plus significatives de cette mise à jour :
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Le désert de la 2e catégorie : Autrefois
animée, elle s'est vidée au profit de la première catégorie. Elle n'accueille
plus qu'une seule entreprise : la Société nationale de transport
d'électricité (Sonatrel). [1]
·
L'explosion de la 3e catégorie : Ce palier
passe de 5 à 7 entreprises en 2026. On y observe notamment la rétrogradation
de la Cameroon Development Corporation (CDC). Elle s'y aligne aux côtés de
Camair-Co, Camwater, Electricity Development Corporation (EDC), les Aéroports
du Cameroun (ADC), le Port Autonome de Kribi (PAK) et la SCDP.
Quatrième et cinquième catégories : Stabilisation du
tissu technique
Les petites et moyennes structures se stabilisent au
bas de l'échelle :
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La 4e catégorie abrite désormais trois
entreprises publiques, incluant la Sopecam (Société de presse et
d'éditions du Cameroun).
·
La 5e catégorie englobe le reste des structures
industrielles et commerciales de taille plus modeste.
Quel est l'impact direct pour la gouvernance ?
Cette classification ne sert pas uniquement à établir
des statistiques. Selon la législation camerounaise, le passage d'une catégorie
à une autre a un impact financier immédiat :
1. Plafonnement
des salaires : La rémunération mensuelle fixe et variable des
Directeurs Généraux (DG) et Directeurs Généraux Adjoints (DGA) est strictement
indexée sur la catégorie de leur entreprise.
2. Indemnités
de session : Les jetons de présence des PCA (Présidents de Conseil d'Administration)
et des administrateurs varient proportionnellement à ces paliers.
3. Pression sur
la performance : Cette révision triennale pousse les dirigeants à
assainir leur gestion pour éviter une baisse de catégorie, synonyme de perte
d'avantages financiers personnels et de prestige institutionnel.
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