Le Cameroun réprime l’extraction minière illégale
Plusieurs sites d’extraction aurifère irréguliers, gérés par des Chinois, ont été clôturés
(Adf-magazine) Les autorités camerounaises continuent à réprimer les sites d’extraction aurifère gérés par les ressortissants chinois. Sur une période de trois jours au mois de juin, une délégation conduite par Fuh Calistus Gentry, ministre intérimaire camerounais des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique, a effectué des visites inopinées de plusieurs sites d’extraction aurifère. Quatre d’entre eux ont été clôturés parce qu’ils n’avaient pas de permis d’opération.
Plusieurs employés se sont enfuis d’un site d’extraction contrôlé par les Chinois dans le village camerounais de Missole I, dans la région centrale du pays, le 25 juin alors que le groupe de M. Gentry arrivait. Dans l’Est du Cameroun, plus de 10.500 mineurs étrangers sur un total estimé à 11.000 travaillent sans permis obligatoire, selon un rapport du journal en ligne Modern Ghana. Le 29 juin, le ministère des Mines a annulé 74 permis d’extraction étrangers. L’extraction chinoise illégale est surtout concentré dans l’Est du Cameroun et la région de l’Adamaoua au Centre-Nord.
Le syndicat national camerounais de l’extraction aurifère a signalé en mars dernier que les ressortissants chinois contrôlaient presque 200 sites d’extraction aurifère. Ces sites « fonctionnent sans documentation et vendent leurs produits aux expatriés des pays voisins qui ne les déclarent pas et les exportent clandestinement », a déclaré le syndicat dans une annonce de presse.
La criminalité incite les conflits et fait perdre au Cameroun des sommes d’argent importantes. Entre 2021 et 2025, 44 tonnes d’or camerounais ont été passées en contrebande vers Dubaï, alors que seulement 148 kg avaient été officiellement déclarés, soit une perte de 3,4 milliards de dollars pour le Cameroun, selon un rapport de l’Institut d’études de sécurité (ISS).
Il existe aussi des écarts de comptabilité. Le Cameroun a signalé 953 kg d’or produits en 2023, mais seulement 22,3 kg ont été officiellement exportés. Toutefois, les pays importateurs ont reçu 15,2 tonnes, ou environ 680 fois plus.
Selon l’ISS, des hommes de paille camerounais obtiennent souvent des permis d’extraction pour les étrangers. Des hommes d’affaires camerounais influents, des autorités locales et des médiateurs du secteur minier facilitent ces démarches. Les opérateurs chinois travaillent en général aux côtés des sociétés officiellement enregistrées.
L’extraction affecte aussi l’environnement. Les opérations d’extraction minière utilisent des substances toxiques telles que le cyanure et le mercure pour extraire l’or, en détruisant les terres arables et en polluant les cours d’eau. Bien que le Cameroun ait interdit l’emploi du mercure dans le secteur minier en 2019, on a découvert en moyenne 40 litres de mercure et de cyanure par jour dans les rivières Djiengou, Fell et Lom, situées près des bassins de purification d’or utilisés par les sociétés chinoises.
La pollution tue les poissons et contamine l’eau potable des communautés. Les effets du mercure sur les populations près des mines d’or chinoises sont graves. Les résidents ont signalé une augmentation du nombre de fausses couches, de maladies chroniques et d’exposition chez les enfants travaillant dans les mines. Une étude a découvert que plus de 70 % des mineurs de ces zones avaient des taux de mercure supérieurs aux normes de sécurité de l’Organisation mondiale de la santé.
« Les défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement n’ont pas accès aux sites et font face à des obstacles empêchant des actions judiciaires, en particulier parce que de nombreuses sociétés étrangères n’ont pas de gérants ou de bureaux identifiables », a signalé le Service international pour les droits de l’homme.
L’an dernier, les experts onusiens ont demandé à la Chine d’adresser le rôle et la responsabilité des sociétés chinoises participant aux opérations d’extraction aurifère au Cameroun. Lire la suite ICI
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