Avec un portefeuille proche de 1 milliard de dollars, la BID veut fixer ses priorités au Cameroun jusqu’en 2029

 (Investir au Cameroun) - La Banque islamique de développement (BID) veut formaliser avec le Cameroun un cadre d’engagement couvrant la période 2027-2029. L’enveloppe financière et la liste définitive des projets devraient être discutées le 14 septembre prochain à Yaoundé, lors d’une Journée consacrée au Groupe de la BID. En juin 2026, le ministère camerounais de l’Économie évaluait déjà le portefeuille actif de l’institution dans le pays à près d’un milliard de dollars, sans en publier la composition détaillée (Minepat, 21 juin 2026).

Ce rendez-vous doit prolonger l’accord de principe obtenu en juin 2026 pour l’élaboration d’un cadre de partenariat triennal. Le 11 août, une délégation conduite par Oussema Trigui, chef des opérations pays de la BID, avait également rencontré le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, pour préparer la Journée du Groupe et le Forum sur le cadre d’engagement-pays.

« Nous sommes très fiers de cette coopération et voulons marquer l’occasion avec le lancement d’une Journée du Groupe de la Banque islamique », a déclaré le chef de la délégation, selon le compte rendu de l’audience. La rencontre devrait réunir des responsables gouvernementaux, des partenaires économiques et des représentants du secteur privé.

Le futur cadre doit permettre à Yaoundé et à la BID de hiérarchiser les projets susceptibles de bénéficier de financements au cours des trois prochaines années. Les premières priorités évoquées portent sur l’énergie, les infrastructures routières et l’éducation. Mais le montant qui pourrait être mobilisé entre 2027 et 2029 n’a pas encore été communiqué.

« Il y a beaucoup de projets vraiment emblématiques sur lesquels nous travaillons, et nous espérons également finaliser la signature d’accords de financement au cours de cette journée », a ajouté le responsable. Cette déclaration laisse entrevoir de nouvelles conventions, sans permettre, à ce stade, d’en déterminer le nombre, le montant ni le calendrier de décaissement.

Un portefeuille dont la valeur varie selon les périodes

Les données publiques sur le portefeuille de la BID au Cameroun ont sensiblement évolué au cours des deux dernières années. En octobre 2024, le ministère de l’Économie faisait état de 17 projets en cours et d’une assistance technique, pour un montant cumulé de 962,7 millions de dollars, alors converti à 582,4 milliards de FCFA.

Un an plus tard, en octobre 2025, le même ministère ramenait le portefeuille actif à 14 projets, évalués à 782,01 millions de dollars, soit environ 427,63 milliards de FCFA (Minepat, 2 novembre 2025). En juin 2026, il l’estimait de nouveau à près d’un milliard de dollars.

Ces montants correspondent à des dates et à des périmètres différents. En l’absence d’un état actualisé projet par projet, ils ne permettent pas de mesurer précisément l’évolution des engagements, des décaissements ou des financements arrivés à échéance. Les 582,4 milliards de FCFA doivent donc être présentés comme une photographie du portefeuille en octobre 2024, et non comme sa valeur actuelle.

Des projets routiers déjà entrés dans leur phase opérationnelle

Dans l’énergie, l’un des principaux concours de la BID concerne le Projet d’interconnexion des réseaux électriques du Cameroun et du Tchad. En février 2022, le conseil d’administration de l’institution avait approuvé une contribution de 122,73 millions d’euros, soit 133,59 millions de dollars. Ce financement, évalué localement à 80,5 milliards de FCFA, doit notamment soutenir la construction de 532 kilomètres de lignes à haute tension et de quatre postes électriques d’ici 2028.

Dans le secteur routier, plusieurs opérations autrefois présentées comme étant à l’étude ont depuis progressé. Pour la réhabilitation de la route Douala-Bafoussam, le gouvernement a sollicité 212,35 millions d’euros, soit 139,29 milliards de FCFA, auprès de la BID. Le projet couvre près de 219 kilomètres, auxquels s’ajoutent les dessertes Loum-Solé-Yabassi, sur 53 kilomètres, et Bafang-Nkondjock, sur 55 kilomètres. Les procédures de passation des marchés ont été engagées. Lire la suite ICI

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