Le Maroc figure parmi les modèles nord-africains de coopération Sud-Sud les plus ouverts, selon une étude espagnole officielle
Le Maroc a figuré parmi les fournisseurs de coopération Sud-Sud les plus ouverts sur le système international, selon une étude du ministère espagnol des affaires étrangères, de l’Union européenne et de la coopération (MAEUEC) consultée dimanche 2 août, qui le place aux côtés de la Tunisie et de l’Égypte au sein d’un groupe nord-africain distingué par sa participation aux accords internationaux, son partage d’informations et son recours aux partenariats triangulaires.
Le document range le Maroc dans la catégorie des modèles présentant une forte «ouverture internationale», à partir d’un indicateur conçu en 2023 pour comparer l’intégration des fournisseurs non membres du Comité d’aide au développement (CAD) dans l’architecture mondiale de la coopération.
Quatre critères mesurent l’ouverture internationale des fournisseurs
L’indicateur retient quatre composantes, précise l’étude, à savoir l’adhésion aux accords et forums internationaux, dont ceux des Nations unies, la transmission de données sur les politiques nationales aux répertoires internationaux, la participation à la «coopération triangulaire» et les contributions volontaires versées aux institutions régionales ou multilatérales de développement.
Sur cette base, le Maroc, la Tunisie et l’Égypte rejoignent plusieurs États du Golfe, dont le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Arabie saoudite, de même qu’un groupe latino-américain composé notamment du Chili, de l’Uruguay, de l’Argentine, du Pérou, du Brésil, de la Colombie, du Costa Rica et du Mexique. Le rapport situe l’Inde dans une catégorie intermédiaire, la Russie à un niveau très faible et la Chine légèrement sous la moyenne.
Cette reconnaissance traduit la place nouvelle occupée par les pays à revenu intermédiaire, qui associent parfois les statuts de bénéficiaire et de fournisseur. Leurs politiques privilégient, selon l’étude, l’échange d’expériences avec des partenaires régionaux et revendiquent «l’horizontalité des relations, la proximité des conditions de développement, la recherche de la réciprocité et le respect de la souveraineté», même si les pratiques restent très hétérogènes.
L’apport financier de la coopération Sud-Sud se rapprocherait de 20 % du volume de l’aide publique au développement (APD), estime le rapport, qui juge toutefois sa contribution institutionnelle plus importante encore. L’arrivée de ces fournisseurs élargit le choix des pays bénéficiaires, accroît leur marge de négociation et remet en cause l’ancien partage entre donateurs du Nord et récipiendaires du Sud.
Madrid réserve au Maghreb une place particulière sur son flanc méditerranéen
La place accordée au Maroc trouve un prolongement régional dans l’analyse de la politique extérieure espagnole. Le MAEUEC présente le Maghreb comme une zone d’attention particulière du flanc sud de la Méditerranée, au même titre que l’Afrique occidentale et le Sahel, sans détailler toutefois de programme bilatéral, de financement ou de projet consacré au royaume.
Cette priorité méditerranéenne complète les deux piliers historiques de la diplomatie espagnole, son appartenance à l’Union européenne et ses liens avec la communauté ibéro-américaine. L’étude attribue à Madrid un profil de puissance moyenne attachée au multilatéralisme, au droit international et au dialogue avec les pays du Sud, mais relève que l’APD espagnole n’a représenté que 0,27 % du produit national brut en 2025, sous la moyenne européenne. Lire la suite ICI
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