Dangote Cement veut doubler sa capacité au Cameroun à 3 millions de tonnes d’ici 2028
Dangote Cement Cameroon, filiale locale du groupe dirigé par Aliko Dangote, a confirmé le 3 août 2026 viser une capacité installée de 3 millions de tonnes de ciment par an au Cameroun à l’horizon 2028. L’objectif passe par le doublement des capacités actuelles via l’extension de l’usine de Douala et la mise en service d’une nouvelle unité dans le Centre du pays.
La direction de Dangote Cement Cameroon présente cette
montée en puissance comme un levier pour consolider sa position sur un marché
où la pression concurrentielle s’intensifie, tout en répondant à la demande
liée aux projets d’infrastructures et de logement. La stratégie repose notamment sur la diversification de la gamme
avec le ciment BlocMaster, ciblant le segment de la construction de logements
et des petits chantiers.
Une capacité
actuelle concentrée à Douala
La présence de Dangote au Cameroun s’appuie
aujourd’hui sur une unité de broyage à Douala, mise en service en 2015, dotée
d’une capacité nominale de 1,5 million de tonnes par an. Implantée sur les berges du Wouri dans la zone portuaire, cette
usine a fait de l’opérateur le premier nouvel entrant sur le marché camerounais
du ciment depuis près de quarante ans.
Selon les données communiquées par la filiale pour
l’exercice 2023, l’unité de Douala a permis de commercialiser
environ 1,323 million de tonnes de ciment, soit un taux d’utilisation
élevé de la capacité installée. Cette performance s’inscrit
dans un contexte où Dangote détient autour de 34 % de part de marché
au Cameroun, sur la base d’une capacité de 1,5 million de tonnes face
à un ensemble d’acteurs locaux et internationaux.
Un plan de
doublement et un nouveau site dans le Centre
Le relèvement de la capacité à 3 millions de
tonnes d’ici 2028 passe par un programme d’investissements articulé autour
de l’extension de l’usine de Douala et de la construction d’une nouvelle
cimenterie dans la région du Centre, destinée à rapprocher la production des
grands chantiers de Yaoundé et de son hinterland. Les projets prévoient une montée en charge progressive des
nouvelles lignes, avec un profil de capacité qui doit atteindre la cible à
l’horizon 2028.
Ce déploiement intervient alors que plusieurs projets
de cimenteries ou d’extensions de capacités sont annoncés de longue date dans
le pays, notamment sur des sites disposant de gisements de calcaire comme
Mintom, sans toujours parvenir au stade opérationnel. Le secteur reste marqué par l’arrivée de nouveaux acteurs comme
Mira SA, qui a engagé d’importants investissements pour rapprocher sa
production des niveaux de Dangote.
Une réponse à la
contraction récente des volumes
D’après le rapport trimestriel de Dangote
Cement, les volumes vendus au Cameroun ont reculé de 15,8 % en
glissement annuel au premier trimestre 2026, pour s’établir à environ 300
000 tonnes, sous l’effet combiné d’un environnement macroéconomique plus
contraint et d’une concurrence renforcée. Cette baisse illustre la sensibilité de la
filiale camerounaise au rythme des investissements publics et à la capacité des
ménages à absorber les hausses de coûts dans un contexte de tension sur les
budgets. Lirela suite ICI
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