Réforme : Nouvelle classification triennale des établissements publics au Cameroun en 2026
Le Ministère des Finances (MINFI) a officialisé la mise à jour triennale de la classification des établissements publics (EPA) au Cameroun par l'Arrêté N°00000016/MINFI du 13 août 2026. Prévue par le décret présidentiel n°2019/322 du 19 juin 2019, cette réorganisation évalue la trajectoire budgétaire des structures étatiques sur la base des exercices clos de 2023, 2024 et 2025.
Ce mécanisme réglementaire a pour rôle principal de plafonner les salaires, indemnités et avantages sociaux accordés aux Présidents de Conseils d'Administration (PCA), aux Directeurs Généraux (DG) et aux Directeurs Généraux Adjoints (DGA).
Le barème d'évaluation basé sur le budget réel
À l'inverse des entreprises publiques évaluées sur
leur chiffre d'affaires commercial, les établissements publics sont classés en cinq
catégories selon la moyenne de leur budget initialement voté et
effectivement réalisé :
·
1ère catégorie : Budget moyen supérieur à 50 milliards de F CFA.
·
2e catégorie : Budget moyen compris entre 20 et 50 milliards de
F CFA.
·
3e catégorie : Budget moyen compris entre 10 et 20 milliards de
F CFA.
·
4e catégorie : Budget moyen compris entre 5 et 10 milliards de
F CFA.
·
5e catégorie : Budget moyen inférieur ou égal à 5 milliards de
F CFA.
Répartition et ajustements majeurs des entités
La mise à jour de 2026 stabilise la hiérarchie des
institutions publiques tout en actant des trajectoires budgétaires distinctes :
·
La 1ère catégorie (Les piliers sociaux et financiers) : Les
institutions de souveraineté ou de sécurité sociale à très forts budgets
consolident leur position. La Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS)
et le FEICOM (Fonds Spécial d'Équipement et d'Intervention
Intercommunale) dominent ce sommet.
·
La 2e catégorie (La confirmation des agences pivots) : Le Fonds
Routier, qui avait enregistré une progression fulgurante lors de la
précédente révision en quittant la base du classement, confirme son ancrage
budgétaire dans ce deuxième échelon.
·
La 3e et 4e catégories (Les structures
opérationnelles) : Ces paliers intermédiaires accueillent l’Institut
National de la Statistique, les offices de développement régionaux, certains
centres hospitaliers universitaires et des instituts de recherche d'importance
stratégique.
·
La 5e catégorie (Le socle technique des agences de
régulation) : Les agences chargées de missions d'appui technique
ou d'homologation, telles que l'ANOR (Agence des Normes et de la
Qualité) ou l'ANTIC (Agence Nationale des Technologies de l'Information
et de la Communication), restent arrimées à cette catégorie en raison de budgets
d'exploitation plus sectoriels.
Les implications directes sur la gouvernance
L'actualisation de cet arrêté impose une discipline
budgétaire stricte au sein du secteur parapublic camerounais :
1. Contrôle de
la masse salariale : Les émoluments des dirigeants sont fermement
indexés sur la performance budgétaire réelle, empêchant toute sur rémunération
dans les structures en sous-performance.
2. Responsabilisation
des gestionnaires : Les Directeurs Généraux font face à une obligation
de résultats pour maintenir leur structure dans son palier ou viser l'échelon
supérieur lors de la prochaine réévaluation triennale.
3. Harmonisation
de la dépense publique : Les jetons de présence et indemnités de session
alloués aux membres des conseils d’administration sont uniformisés à l’échelle
nationale selon la catégorie validée par le MINFI.
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