Grand Eweng, nouvel aéroport de Douala, data center… ces projets que le Cameroun propose aux investisseurs américains


(Investir au Cameroun) - Le Cameroun et les États-Unis doivent tenir ce jeudi 27 août 2026 à Yaoundé leur premier Dialogue économique et commercial bilatéral. Préparée depuis plusieurs semaines par des consultations entre le chargé d’affaires américain John G. Robinson et plusieurs membres du gouvernement, cette rencontre doit porter sur trois grands sujets : l’amélioration du climat des affaires, le développement du commerce et l’identification d’opportunités d’investissement entre les deux pays. Le numérique, l’agriculture, l’énergie et les mines font partie des secteurs expressément identifiés.

Dans le volet consacré aux investissements, Yaoundé veut profiter de ce nouveau cadre pour placer plusieurs projets dans le radar des entreprises, experts et instruments de financement américains. Le plus important par sa taille est Grand Eweng, projet hydroélectrique développé sur la Sanaga par l’américain Hydromine.

Le catalogue officiel des projets structurants en partenariat public-privé publié en avril 2026 par le Cameroun affiche pour Grand Eweng une puissance de 1 080 MW et un coût d’investissement estimé à 1 855 milliards FCFA, soit environ 3 milliards de dollars. Le projet figure parmi les 14 infrastructures prioritaires proposées aux partenaires et investisseurs. De son côté, le département américain du Commerce cite Grand Eweng parmi les opportunités ouvertes aux entreprises américaines dans l’ingénierie, les équipements électriques, la construction et les services environnementaux.

Le projet n'en est toutefois pas à ses débuts. Hydromine et le gouvernement camerounais travaillent sur Grand Eweng depuis plusieurs années. Le 5 juillet 2019, le ministère de l’Eau et de l’Énergie, Hydromine et Eneo avaient notamment signé une lettre d’intention destinée à encadrer la négociation d’un contrat d’achat de l’électricité produite par la future centrale. Depuis mai 2026, Eneo a été transformée en Société camerounaise d’électricité (SOCADEL). Le calendrier du projet demeure cependant incertain : Hydromine le présente toujours comme étant en développement, après plusieurs échéances de démarrage précédemment annoncées mais non tenues.

Un nouvel aéroport pour la métropole de Douala

Le gouvernement remet également sur la table le projet d’un aéroport de classe mondiale dans la région métropolitaine de Douala. L'idée figure déjà dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030, qui prévoit la réalisation d’études de faisabilité. En novembre 2025, devant l’Assemblée nationale, le ministre des Transports avait annoncé l’intention du gouvernement de lancer ces études en 2026.

Ce projet de long terme vient s’ajouter aux investissements engagés pour réhabiliter l’actuel aéroport international de Douala. Il vise notamment à répondre aux limites du dispositif aéroportuaire existant et à renforcer l’ambition du Cameroun de devenir un hub aérien sous-régional.

Selon les projets présentés par la partie camerounaise dans le cadre des échanges, Yaoundé sollicite également l’expertise américaine pour des études portant sur la réalisation de complexes théâtraux ultramodernes à Yaoundé, Douala et Bamenda.

Data center, cloud et intelligence artificielle

Le numérique constitue l’autre grand bloc d’infrastructures mis en avant. Le programme soumis aux partenaires américains comprend notamment un data center national souverain associé à un parc cloud, la mise en place d’un Centre national d’opérations de sécurité (SOC) et l’accompagnement de l’opérationnalisation de la stratégie nationale d’intelligence artificielle.

Ces projets correspondent à un marché que Washington considère déjà comme porteur. Dans son Country Commercial Guide actualisé en avril 2026, le département américain du Commerce identifie explicitement au Cameroun une demande en infrastructures de données, cloud, cybersécurité, fibre optique et solutions numériques, et y voit des opportunités pour les entreprises américaines.

Les échanges doivent également porter, côté américain, sur l’interconnexion entre le Cameroon Customs Information System (CAMCIS) et les systèmes des compagnies aériennes afin de fluidifier le traitement du fret aérien, ainsi que sur la mise en place d’un système intégré de suivi et de surveillance des navires. Lire la suite

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