L’Afrique entre dans une nouvelle orbite

 

L’Afrique veut faire de l’espace un levier de développement et de souveraineté. Récemment tenu, le 1er Sommet international de l’espace Afrique (ISSA) entend accélérer la coopération et l’émergence d’un véritable écosystème spatial continental.

L’Afrique se tourne vers l’espace. De l’agriculture de précision à la résilience climatique, en passant par la fintech, les villes intelligentes et la sécurité nationale, les applications spatiales transforment le paysage économique africain. C’est dans ce cadre que s’est tenue, les 10 et 11 août, la 1re édition du Sommet international de l’espace Afrique (ISSA) sous le thème : « La souveraineté numérique et l’économie spatiale de l’Afrique »

et sous la forme d’une conférence entièrement virtuelle, depuis le siège de l’Agence spatiale africaine (AfSA), situé au Caire. L’ISSA s’impose désormais comme la principale plateforme du continent dédiée à l’accélération de la croissance de l’économie spatiale en aval de l’Afrique — les technologies, les applications et les services qui transforment les données spatiales en un impact concret. L’ISSA a réuni à distance des acteurs publics et privés du secteur pour examiner le rôle des technologies spatiales dans la transformation numérique et la croissance économique de l’Afrique. Les échanges ont porté sur les applications concrètes du secteur — notamment les télécommunications, l’observation de la Terre et la navigation — dans des domaines stratégiques tels que l’agriculture, la résilience climatique, les villes intelligentes et la sécurité spatiale. Les participants ont également insisté sur l’urgence d’une harmonisation des politiques spatiales entre les blocs économiques régionaux. L’événement a ainsi proposé des rencontres d’affaires et des opportunités de réseautage.

Le hackathon ISSA 2027 a été lancé, parallèlement à l’élaboration d’une feuille de route pour le prochain sommet. Pour Sherif Sedky, ex-directeur de l’Agence spatiale égyptienne, le secteur spatial est désormais un pilier du développement africain. « Le secteur spatial n’est plus un luxe ni une simple exploration abstraite, il est devenu la pierre angulaire du développement et de l’investissement en Afrique. Notre ambition n’est pas de devenir de simples consommateurs de données et de satellites étrangers, mais bien de former des cadres africains capables de fabriquer leurs propres satellites et de surveiller nos ressources depuis le coeur de l’Afrique », insiste Sedky. Il souligne : « L’organisation par l’Egypte de la conférence spatiale et l’établissement du siège de l’Agence spatiale africaine au Caire poursuivent un objectif clair : fédérer les efforts des jeunes Africains et des ingénieurs et leur transférer des technologies et des savoir-faire ».

En effet, bien que tenue sous un format virtuel, cette édition a été orchestrée depuis Le Caire, siège de l’Agence spatiale africaine, affirmant ainsi le rôle central de l’Egypte dans la structuration de la coopération spatiale continentale (voir encadré). « Les conférences spatiales organisées par l’Egypte offrent une véritable plateforme pour mettre en relation les jeunes entreprises et les agences internationales. Nous disposons en Egypte des infrastructures et des laboratoires de pointe nécessaires à l’assemblage et aux essais de satellites, et nous insistons toujours sur le fait que la coopération régionale est le seul moyen de garantir à l’Afrique une part équitable dans l’économie spatiale mondiale », souligne Mohamad Al-Koussy, expert en technologies spatiales.

Dynamiques et enjeux

Ce sommet intervient dans un contexte de défis climatiques, sécuritaires et numériques croissants, qui rend la consolidation d’un écosystème spatial africain unifié, dynamique et pérenne indispensable pour maximiser l’impact des technologies satellitaires sur le continent. Les travaux et débats menés dans le cadre de l’ISSA ont souligné une dynamique sans précédent : celle du développement technologique et de la coopération interétatique. Lire la suite ICI

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