Secrétariat général de l’OIF : le Rwanda revient chercher l’appui du Cameroun pour Louise Mushikiwabo
Huit ans après avoir obtenu le soutien de Yaoundé à la candidature de Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Rwanda est revenu frapper à la porte du Cameroun. À quelques mois de l’élection du prochain secrétaire général de l’organisation, Kigali a dépêché un émissaire au palais de l’Unité pour plaider, une nouvelle fois, en faveur de la reconduction de l’actuelle patronne de l’institution.
En l’absence du président Paul Biya, actuellement à l’étranger, le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, a reçu le 25 juin Donald Kaberuka, ancien président de la Banque africaine de développement. Porteur d’un pli fermé du président Paul Kagame à son homologue camerounais, l’émissaire rwandais était officiellement chargé de transmettre un message d’amitié entre les deux chefs d’État. Mais sa mission avait aussi une portée plus précise : obtenir l’appui du Cameroun dans la bataille diplomatique qui s’ouvre autour du secrétariat général de l’OIF.
À l’issue de l’audience, Donald Kaberuka a lui-même levé une partie du voile sur l’objet de sa démarche. « Je suis porteur d’un message d’amitié et de fraternité du président Paul Kagame pour son frère et ami le président Paul Biya. Le Cameroun et le Rwanda entretiennent des relations profondes de longue date. Nous sommes venus pour raviver ces relations et remettre le pli fermé au secrétaire général de la présidence de la République », a-t-il déclaré à la presse. L’ancien patron de la BAD a précisé que cette visite s’inscrivait dans le cadre de la campagne engagée par Kigali pour soutenir un nouveau mandat de Louise Mushikiwabo, présentée comme désireuse de poursuivre les réformes engagées depuis 2018 et de « renforcer le multilatéralisme ».
Une stratégie déjà éprouvée en 2018
La séquence rappelle clairement celle de 2018. À l’approche du XVIIe Sommet de la Francophonie d’Erevan, en Arménie, le Rwanda avait déjà déployé une intense activité diplomatique pour rallier les États membres à la candidature de Louise Mushikiwabo. Le Cameroun figurait alors parmi les capitales sollicitées, avant que l’ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères ne soit élue à la tête de l’organisation.
Huit ans plus tard, le contexte a changé, mais la méthode reste la même : verrouiller en amont le soutien des partenaires africains et francophones les plus influents, en particulier ceux dont la voix compte dans les équilibres internes de l’OIF. Dans ce dispositif, Yaoundé apparaît de nouveau comme un point d’appui recherché.
Yaoundé, étape stratégique dans la campagne
L’audience accordée à Donald Kaberuka s’inscrit d’ailleurs dans une séquence diplomatique particulièrement active au palais de l’Unité. Quelques jours plus tôt, Ferdinand Ngoh Ngoh avait déjà reçu un émissaire du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, venu défendre la candidature de Coumba Bâ au même poste.
Ces démarches successives illustrent le poids particulier du Cameroun dans cette élection. Membre influent de l’OIF et acteur diplomatique de premier plan en Afrique centrale, le pays s’impose comme une étape quasi obligée pour les candidats en quête de soutiens avant le sommet décisif. Lire la suite ICI
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