Communes frontalières : le Feicom veut faire des marges territoriales de nouveaux pôles de développement


 Longtemps reléguées au rang de périphéries éloignées des centres de décision, les communes frontalières camerounaises pourraient devenir le prochain terrain d’une politique ciblée de développement local. Réuni le 12 juin à Yaoundé, le Comité de pilotage chargé de la maturation du Programme d’appui au développement des communes frontalières (Pradef) a franchi une nouvelle étape vers l’entrée en phase opérationnelle de ce dispositif porté par le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom).

L’ambition est claire : renforcer l’attractivité économique des 96 communes situées le long des frontières du Cameroun et faire de ces territoires, non plus des espaces en retrait, mais des points d’ancrage pour l’intégration régionale, les échanges commerciaux et le développement local. Autour du Feicom, la réunion a rassemblé plusieurs acteurs institutionnels et financiers, parmi lesquels le ministère de la Décentralisation et du Développement local, les Communes et villes unies du Cameroun, l’Association des régions du Cameroun, la Banque de développement des États de l’Afrique centrale et Afreximbank.

Des territoires stratégiques, mais durablement sous-équipés

Le pari du Pradef repose sur un constat simple : les communes frontalières occupent une position stratégique, mais restent parmi les territoires les moins valorisés du pays. Certaines se trouvent sur des corridors commerciaux majeurs. D’autres constituent des points de passage structurants entre le Cameroun et ses voisins. Pourtant, malgré cette situation géographique favorable, elles continuent de souffrir d’un déficit d’infrastructures, d’une faiblesse des services de base et d’une capacité limitée à transformer leur position frontalière en levier économique.

Le cas de la frontière avec le Nigeria illustre cette contradiction. Longue d’environ 1 700 kilomètres, elle relie le Cameroun à la première économie du continent. Mais le potentiel qu’elle représente bénéficie encore largement au voisin nigérian et reste insuffisamment capté par les collectivités camerounaises concernées. Pour le Feicom, cet écart révèle une difficulté plus profonde : les communes frontalières peinent encore à rendre leurs territoires attractifs pour l’investissement, l’activité économique et la circulation marchande. Lire la suite ICI

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