G7 France: Déclaration des chefs d'État et de gouvernement sur des partenariats internationaux mutuellement bénéfiques.
Dans la continuité du Sommet pour un Nouveau Pacte Financier (2023) qui a permis l’adoption du Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète, et du Sommet Africa Forward (2026), la France continue à s’investir pour transformer le modèle traditionnel de développement en partenariats internationaux.
La déclaration adoptée aujourd’hui par les leaders, fait le constat que l’aide publique au développement, fournie à 70% par les pays du G7, ne peut suffire à répondre aux besoins de croissance et d’emploi des pays en développement ni à leur demande d’être traité en véritables partenaires. Elle redit le besoin de mettre à jour nos outils et de mobiliser davantage de financements privés pour le développement, notamment en développent les outils d’atténuation du risque comme les garanties.
Elle rappelle également,
l’importance de la solidarité envers les pays et les populations les plus
vulnérables, notamment dans les domaines comme la santé, la nutrition ou
l’éducation, qui ne peuvent être approché par la prise de l’investissement et
de la rentabilité.
***
Toutefois, nous
reconnaissons la nécessité de réformer le système du développement
international existant pour veiller à ce qu’il réponde pleinement aux besoins
des générations futures et aux enjeux d’aujourd’hui. Les stratégies de
développement traditionnelles ont permis d’obtenir des résultats importants
mais elles ont dans certains cas eu des effets limités en matière de réduction
de la dépendance financière vis-à-vis de l’aide extérieure, de renforcement du
pilotage par les pays et de mise en place d’incitations à la croissance.
L’architecture du développement est aussi devenue trop complexe, ce qui conduit
à une utilisation sous-optimale des ressources. Les déséquilibres
macroéconomiques excessifs, les crises et les conflits, la pauvreté persistante
et les vulnérabilités liées à la dette décuplent les besoins financiers, avec
des répercussions disproportionnées sur les plus vulnérables. Les ressources
publiques continuent à jouer un rôle central mais elles ne suffisent pas, à
elles seules, à combler l’ensemble des besoins de développement à l’échelle
mondiale. Nous devons promouvoir des réformes structurées afin de rationaliser
l’architecture du développement et de veiller à ce qu’elle soit efficace et
performante.
Nous partageons la
volonté de réformer le système de la coopération au développement et de
façonner des partenariats mutuellement bénéfiques, en prenant en compte nos
intérêts stratégiques et ceux de nos partenaires et en prévoyant d’utiliser les
ressources concessionnelles de manière stratégique et comme catalyseur là où
elles sont le plus utiles. Nous saluons le soutien de nos partenaires africains
à une approche renouvelée, comme énoncé lors du Sommet « Africa Forward ». Le
succès des efforts de promotion du développement et de la prospérité repose
également sur la capacité des pays partenaires à mobiliser les ressources
intérieures et à attirer les capitaux privés. Nous avons pour objectif d’aider
nos partenaires à s’autofinancer et à renforcer leur pilotage, leur
responsabilité, leur souveraineté économique à long terme et leur résilience,
dans le respect de leurs priorités de développement. Nous soulignons que
l’autonomisation de toutes les femmes et filles et leur plein exercice, sur un
pied d’égalité, de l’ensemble des droits de l’Homme et de leurs libertés
fondamentales constituent des vecteurs essentiels du développement et de la
croissance économique.
Nous continuerons à aider
les pays partenaires, notamment en matière de renforcement de la mobilisation
des ressources intérieures et de développement des capacités de
l’administration fiscale. Nous saluons l’engagement de renforcer la
collaboration sur la mobilisation des ressources intérieures pris par la
Plateforme de collaboration sur les questions fiscales lors de la conférence
organisée à Tokyo en mars 2026. En tant que de besoin, nous élaborerons des
programmes encourageant le co-investissement avec les pays partenaires et la
mise en place d’incitations en faveur des réformes institutionnelles
nécessaires. Ces programmes aideront les pays partenaires à lever des recettes,
à dépenser de manière efficace, à emprunter de manière viable et à gérer de
manière appropriée les risques budgétaires.
Nous intensifierons les
efforts pour faire face à l’aggravation des vulnérabilités liées à la dette
partout dans le monde qui menacent la stabilité économique et restreignent la
marge de manœuvre budgétaire permettant des interventions de service public
essentielles. Nous soulignons qu’il est nécessaire de progresser davantage dans
le cadre du G20 vers une approche commune des restructurations de la dette pour
les pays à revenu intermédiaire vulnérables qui ne sont pas éligibles au Cadre
commun. Nous promouvrons le renforcement de la mise en œuvre du Cadre commun du
G20 pour garantir que le traitement de la dette soit réalisé de manière
prévisible, rapide, ordonnée et concertée. Nous appelons à accroître le soutien
aux pays dont la dette est viable et qui disposent d’un solide programme de
réformes mais qui sont confrontés à une charge de la dette élevée évinçant les
investissements porteurs de croissance, notamment en accélérant la mise en
œuvre de l’approche à trois piliers du Fonds monétaire international (FMI) et
de la Banque mondiale. Nous poursuivrons en outre nos efforts pour renforcer
l’architecture de la dette mondiale, notamment en appelant à une plus grande
transparence des données sur la dette et des pratiques de prêts de tous les
acteurs. Dans ce contexte, nous exhortons tous les créanciers du G20 à
participer à l’exercice de partage de données de la Banque mondiale. Nous
prenons bonne note du lancement de la Plateforme des emprunteurs et nous appelons
de nos vœux la poursuite du dialogue avec toutes les parties concernées,
notamment avec le secteur privé et au sein du Club de Paris, afin de renforcer
ces efforts.
Nous nous efforcerons
d’encourager une mobilisation plus efficace des capitaux privés afin de
financer le développement à long terme et des retombées à grande échelle. Pour
rendre les projets de développement plus attractifs auprès des investisseurs
privés, nous utiliserons nos institutions de financement du développement et
nous appellerons les banques multilatérales de développement à promouvoir le
recours aux instruments de partage des risques, aux garanties, aux financements
mixtes, aux mécanismes de cofinancement et aux instruments commerciaux, et à
faire face aux risques liés aux taux de change. Nous soulignons les bénéfices
des solutions d’atténuation des risques et du renforcement de l’architecture de
garanties, notamment grâce à l’Assurance pour le développement du commerce et
de l’investissement en Afrique (ATIDI). À cet égard, nous saluons également les
travaux réalisés par la Banque africaine de développement et le Groupe de la
Banque mondiale, notamment grâce à l’Agence multilatérale de garantie des
investissements (MIGA), pour soutenir la croissance, promouvoir un climat
d’investissement sain et mobiliser des capitaux privés sur le continent
africain. Nous entendons lever les obstacles à l’investissement et soutenir les
initiatives visant à promouvoir des environnements règlementaires et des cadres
d’action sains dans les pays partenaires, notamment grâce au Pacte du G20 avec
l’Afrique, et nous promouvrons des projets normalisés pouvant faire l’objet
d’investissements et renforcerons la disponibilité et la transparence des
données.
Nous promouvrons la
résilience et la diversification des chaînes d’approvisionnement ainsi que des
infrastructures de transports, énergétiques et numériques résilientes,
conformément aux principes du G20 en matière d’investissements dans les
infrastructures de qualité, notamment au moyen du Partenariat pour les
infrastructures mondiales et l’investissement. À cette fin, nous promouvrons
une nouvelle approche des corridors économiques et de développement, en
mobilisant les capitaux privés et en réduisant les risques, notamment au moyen
du Conseil consultatif du G7 sur l’investissement dans les infrastructures.
Nous reconnaissons en outre qu’il est important de disposer de chaînes de
valeur fiables pour les minerais critiques au service de la prospérité partagée
et nous visons à tirer parti du potentiel économique de la création de valeur
liée aux minerais critiques grâce à la coopération internationale tout au long
de la chaîne d’approvisionnement et à des partenariats mutuellement bénéfiques
fondés sur des normes rigoureuses, la transparence et la création de valeur
locale. Compte tenu des perturbations des chaînes d’approvisionnement, nous
demandons à nos ministres de travailler avec les institutions financières
internationales et les organisations internationales et de suivre leurs travaux
afin d’évaluer les effets à l’échelle mondiale de l’accès aux intrants
essentiels comme les engrais et de coordonner le soutien apporté aux pays qui
en ont besoin pour traiter la question de la sécurité alimentaire mondiale.
Nous utiliserons les
ressources concessionnelles de manière stratégique là où elles sont le plus
nécessaires, notamment dans les pays les moins avancés et les plus vulnérables,
en répondant aux besoins spécifiques des pays exposés à des chocs exogènes et à
des catastrophes naturelles, difficilement accessibles, avec un accès restreint
aux marchés financiers et en proie à des conflits en cours ou qui perdurent.
Dans les pays qui ont un accès restreint aux ressources non concessionnelles ou
aux capitaux privés, nous investirons dans les secteurs du développement
humain, notamment la santé, l’éducation, le développement de la petite enfance,
la nutrition et les systèmes alimentaires. Nous nous tenons prêts à soutenir
nos partenaires en tant que de besoin dans l’élaboration, l’adoption et la
mise en œuvre de leur pacte national pour la santé et d’autres approches
similaires reposant sur des plateformes nationales.
Nous entendons également
remédier à la fragmentation du système de développement et améliorer son
efficacité en renforçant la coordination des efforts et la collaboration entre
tous les acteurs du développement, notamment les banques publiques de
développement, les institutions de financement du développement, les banques
multilatérales de développement et les fonds multilatéraux verticaux. Nous nous
appuierons en priorité sur les instruments de financement efficaces et nous
nous abstiendrons d’en créer de nouveaux, notamment en intégrant ces
instruments aux initiatives existantes en tant que de besoin. Nous
reconnaissons l’importance du système des Nations Unies comme acteur du
développement, et nous encourageons la réforme de ce système, notamment grâce à
l’initiative ONU80.
En tant qu’actionnaires
majeurs des banques multilatérales de développement, nous réaffirmons notre
volonté de rendre ces banques plus efficaces et porteuses de transformations
grâce à des réformes visant à garantir qu’elles fonctionnent bien en tant que
système, notamment en lien avec les banques publiques de développement. Nous
coordonnerons en particulier nos efforts pour accroître la possibilité pour les
investisseurs et les fonds du secteur privé de déployer des capitaux aux côtés
des banques multilatérales de développement au profit de projets à fort impact
susceptibles d’être financés.
Mettre en œuvre ce
programme de transformation requerra une mobilisation durable et collective au
sein du G7 et au-delà. Nous saluons les initiatives visant à étendre cette
approche aux côtés des pays partenaires, au niveau national et régional. À cet
égard, nous prenons bonne note, entre autres, du récent Sommet « Africa Forward
», de la Conférence sur les partenariats mondiaux, du Plan Mattei pour
l’Afrique, de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de
l’Afrique et de l’initiative « Global Gateway ». Nous soulignons qu’il est important
de travailler avec toutes les parties prenantes afin de promouvoir un
financement du développement juste et transparent qui s’inscrit dans le respect
des normes internationales et des pratiques communes. Nous nous emploierons à
mobiliser une vaste coalition multipartite, notamment les nouveaux bailleurs de
fonds, le secteur privé, les organisations philanthropiques et la société
civile afin de nous inscrire dans cette approche renouvelée.
La présente déclaration
rend compte des résultats des discussions des membres du G7, qui ont bénéficié
d’échanges fructueux avec les pays partenaires.
(Traduit de l'anglais) Lire l'original de l'article sur elysee
Commentaires
Enregistrer un commentaire