Partenariat Bénin-Allemagne : vers une nouvelle phase PME-emploi pour 2026-2029

 


(Agence Ecofin) - Face à un sous-emploi qui frappe près des trois quarts de la population active béninoise, Cotonou et Berlin ont choisi d’approfondir leur coopération pour s’attaquer ensemble à trois chantiers prioritaires : l’emploi, la compétitivité des PME et la formation professionnelle.

La coopération allemande au Bénin entre dans une nouvelle phase. La semaine dernière, la ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, chargée de la Formation professionnelle (MPMEPE), Awaou Baco, a reçu à Cotonou une délégation allemande conduite par Rike Sohn, cheffe de la coopération à l’ambassade d’Allemagne. Les échanges ont porté sur le bilan des actions menées dans le cadre du partenariat bilatéral, ainsi que sur les perspectives de son renforcement. Pour mesurer le chemin parcouru, les deux parties se sont d’abord penchées sur les programmes en cours.

Quatre ans de résultats mesurables

Lancé en 2022, le Projet de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (ProPME) constitue la pièce centrale du bilan présenté. Exécuté par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), il a bénéficié d’un financement de 9 millions d’euros, soit environ 10,3 millions de dollars, sur quatre ans. Pendant cette période, plus de 1 100 entreprises ont reçu un accompagnement structuré. Le dispositif a permis la création de 978 postes permanents, dont 42 % de places occupées par des femmes, selon le gouvernement béninois.

Sur le plan territorial, des Comités locaux d’insertion et de développement économique (CLIDE) ont été installés dans plusieurs départements. Ces organes offrent aux acteurs locaux un cadre pour faciliter l’insertion des bénéficiaires dans le marché formel.

Complémentaire au ProPME, le Programme de Promotion de la Formation professionnelle (ProFoP) a également fait l’objet d’une revue. Actif depuis 2021, il mobilise une enveloppe de 22 millions d’euros, dont 6 millions d’euros cofinancés par l’Union européenne (UE). Il resserre les liens entre les centres spécialisés et les entreprises pour améliorer l’insertion des jeunes. Les deux parties ont pris acte de la complémentarité entre ces deux programmes.

Une phase 2 pour consolider, non pour étendre

Au-delà du bilan, c’est l’avenir du partenariat qui a occupé l’essentiel des échanges. Les deux délégations ont examiné les modalités de mise en œuvre de la phase 2 du ProPME, prévue pour la période 2026-2029. Son financement prévisionnel est fixé à 6 millions d’euros, soit environ 6,8 millions de dollars, un tiers de moins qu’en phase initiale.

Ce réajustement semble traduire une logique de consolidation plutôt que d’expansion. L’objectif n’est pas de multiplier les bénéficiaires, mais de rendre durables les avancées déjà obtenues. Il s’agit concrètement de renforcer la compétitivité des entreprises générant des revenus stables et des emplois formels.

Les deux parties ont convenu de « mobiliser tous les efforts nécessaires pour améliorer le climat des affaires ». Elles ont affiché leur engagement en faveur de l’émergence de champions locaux et de l’insertion professionnelle des jeunes. Le développement de la formation professionnelle a été retenu comme levier prioritaire pour y parvenir. Ces ambitions se heurtent cependant à un marché du travail béninois structurellement fragilisé.

Le défi d’un emploi durable

Au Bénin, le taux de chômage officiel est inférieur à 2 %. Derrière ce chiffre se cache toutefois une réalité plus complexe. Selon la Banque mondiale, le sous-emploi frappe 72 % de la population active. En outre, 90,1 % des travailleurs béninois évoluent dans le secteur informel. Lire la suite ICI

 

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