Emploi et industrialisation : le Cameroun active un projet de 42,6 milliards de FCFA, principalement financé par la BAD

 


(Investir au Cameroun) - Le gouvernement camerounais a procédé, le 1er juin 2026 à Yaoundé, au lancement technique du Projet d’appui à la promotion de l’entrepreneuriat et à l’amélioration des compétences en soutien à l’industrialisation (PEAC). D’un coût global d’environ 42,6 milliards de FCFA, ce programme est principalement financé par un prêt de la Banque africaine de développement (BAD), approuvé en juillet 2023, pour un montant de 63,09 millions d’euros, soit environ 41,4 milliards de FCFA.

Le PEAC vise à répondre à l’un des principaux freins à l’industrialisation du Cameroun : le déficit de ressources humaines qualifiées dans les secteurs porteurs de l’économie. Selon la BAD, le projet doit contribuer à améliorer la productivité des travailleurs et la compétitivité des entreprises, en rapprochant davantage la formation professionnelle des besoins réels du marché.

Le programme couvrira cinq régions : le Centre, le Littoral, le Sud, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord. Il cible en priorité les jeunes et les femmes, avec un accent sur les métiers du BTP, des transports, de l’énergie, de l’agro-industrie, des métiers verts et des technologies de l’information et de la communication.

Concrètement, le projet prévoit la construction de trois centres de formation aux métiers de pointe à Akonolinga, Kousseri et Kribi, d’un village des métiers à Soa, ainsi que du Centre national de certification et de qualification (CNCQ) à Yaoundé. Il prévoit également la réhabilitation et l’équipement de plusieurs structures de formation publiques et privées.

Le dispositif comporte aussi un volet insertion et entrepreneuriat. Il prévoit notamment l’immersion en entreprise de 1 500 élèves en fin de cycle, l’insertion de 500 jeunes primo-demandeurs d’emploi, l’accompagnement de 1 225 jeunes dans neuf incubateurs, ainsi que le financement direct d’environ 1 000 projets et start-up. Le programme comprend en outre un appui à 500 projets environnementaux portés par des femmes.

Pour le gouvernement, l’enjeu est de transformer les investissements annoncés en résultats mesurables sur le terrain : formations effectivement dispensées, jeunes insérés, entreprises créées, centres opérationnels et partenariats solides avec le secteur privé. C’est sur ces indicateurs que se jouera la crédibilité du PEAC, dans un pays où l’inadéquation entre formation et emploi continue de peser sur l’industrialisation.

Le secteur privé est appelé à jouer un rôle central dans la mise en œuvre du projet. Sa participation devrait s’articuler autour de trois leviers : la gestion déléguée de certains centres de formation professionnelle, la mise en place d’un Fonds de développement de la formation professionnelle destiné à dynamiser l’offre privée, et le financement d’initiatives portées par des jeunes entrepreneurs à travers des mécanismes d’appui dédiés.

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