Au Cameroun, l'économie circulaire devient un levier de transformation économique avec l’appui de la Banque africaine de développement
(AFDB) Le Cameroun dispose désormais de sa feuille de route nationale pour l'économie circulaire 2025–2035. Ce cadre stratégique destiné à mieux valoriser les ressources agricoles, forestières et urbaines du pays, a été officiellement lancé le 22 mai 2026 à Yaoundé.
Élaborée sous l’égide du ministère de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire, avec l'appui du Groupe de la Banque africaine de développement à travers le Fonds africain pour l'économie circulaire (ACEF), en collaboration avec l’Alliance africaine pour l'économie circulaire (ACEA), cette feuille de route décline les filières prioritaires identifiées en projets structurant au service de la transformation économique du pays.
Le Cameroun rejoint ainsi le Bénin, le Tchad et l'Éthiopie parmi les pays africains soutenus par le Groupe la Banque à travers son Programme de développement de feuilles de route pour l'économie circulaire. L’officialisation du document est intervenue à quelques jours des 61e Assemblées annuelles du Groupe de la Banque à Brazzaville, dont le thème était consacré à la mobilisation des capitaux à grande échelle pour le développement de l’Afrique. L’expérience camerounaise illustre une réalité essentielle : les investissements se dirigent plus facilement vers les secteurs où les priorités sont clairement définies, les filières structurées et les projets bancables identifiés.
Dans un pays qui génère chaque année plus de six millions de tonnes de matières sans en tirer pleinement la valeur économique, l'enjeu dépasse la seule dimension environnementale : il est également économique et social. Dans les grandes villes, les insuffisances en matière de collecte et de traitement des déchets réduisent la productivité, dégradent le cadre de vie et freinent l'investissement. Dans le même temps, le pays doit créer davantage d’emplois décents pour les jeunes et les femmes tout en poursuivant sa transformation structurelle.
« L’engagement de notre pays dans le processus d’élaboration de cette feuille de route sur l’économie circulaire, permettra de tirer un meilleur avantage des bénéfices socio-économiques et environnementaux escomptés, dans un cadre politique, normatif et institutionnel inclusif, incitatif et favorable à la promotion et au développement de l’économie circulaire dans notre pays », a déclaré le secrétaire général du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Jean Tchoffo.
À travers cette feuille de route, le Cameroun inscrit l’économie circulaire dans une logique de résultats mesurables. Le document cible quatre secteurs prioritaires : l’agro-industrie, la gestion des déchets, les plastiques et la filière forêt-bois et 32 objectifs et 102 actions. À l’horizon 2035, le pays ambitionne notamment d’atteindre 300 entreprises circulaires formellement enregistrées, une part de 25 % d’emplois circulaires, un taux de recyclage de 25 %, ainsi qu’un taux de collecte des déchets de 80 % en milieu urbain et de 60 % en zone rurale. L’objectif est le même : réduire les pertes, transformer davantage localement, créer de la valeur là où elle se dissipait.
À Yaoundé et Douala, la Banque africaine de développement soutient déjà la modernisation des systèmes de collecte, de tri et de traitement des déchets à travers la mise en place de sites mécanisés, de centres de compostage, ainsi que d’unités de recyclage des plastiques et des métaux. Dans le secteur agro-industriel, elle investit également dans la réduction des pertes post-récoltes, le développement des bio-intrants et la création de valeur ajoutée en milieu rural. La feuille vient renforcer l’impact de ces interventions en contribuant à la structuration des filières, à l’identification de nouveaux marchés et à la formalisation des initiatives portées par les entrepreneurs et les petites et moyennes entreprises.
« La feuille de route du Cameroun illustre le rôle concret que peut jouer l'économie circulaire dans les Quatre points cardinaux de la Banque : mobiliser les capitaux, renforcer les cadres institutionnels, créer des opportunités économiques pour une population jeune et bâtir des infrastructures résilientes. Notre objectif est d'aider le Cameroun à transformer ses secteurs prioritaires en filières structurées, en projets investissables et en valeur locale », a souligné Pierre Olamé Bekale, chargé principal de Programme à la Banque africaine de développement au Cameroun. Lire la suite ICI
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