Cameroun : les joint-ventures concentrent 60,5 % des emplois dans un échantillon d’entreprises d’investissement étranger


(Investir au Cameroun) - Dans l’échantillon étudié par le rapport “Cameroon’s Business Climate at a Glance”, issu des enquêtes pilotes Unido-API sur les entreprises d’investissement direct étranger au Cameroun, les joint-ventures apparaissent comme les plus fortes contributrices à l’emploi. Elles représentent 42,7 % des entreprises recensées, mais concentrent 60,5 % des emplois déclarés.

Les partenariats entre investisseurs étrangers et acteurs locaux occupent une place significative dans l’emploi au sein des entreprises d’investissement direct étranger analysées au Cameroun. C’est ce qui ressort du rapport “Cameroon’s Business Climate at a Glance”, réalisé dans le cadre des enquêtes pilotes Unido-API auprès de 75 entreprises opérant dans le pays.

Selon les données du rapport, les joint-ventures représentent 32 entreprises sur les 75 recensées, soit 42,7 % de l’échantillon. Elles totalisent toutefois 14 785 emplois sur les 24 430 déclarés, soit 60,5 % de l’effectif total observé. À l’inverse, les filiales entièrement détenues par des capitaux étrangers, ou Wholly Foreign-Owned Enterprises — WFOE —, représentent 50,7 % des entreprises étudiées, mais ne concentrent que 32,2 % des emplois recensés. Les entreprises détenues par des acteurs nationaux sont au nombre de cinq, soit 6,7 % de l’échantillon.

Pour les auteurs du rapport, cet écart traduit une taille moyenne plus élevée des joint-ventures. « Les joint-ventures contribuent à une part plus importante de l’emploi total que ne le suggère leur poids dans l’échantillon, ce qui indique une main-d’œuvre moyenne plus élevée », relève le document.

Levier pour la politique d’attraction des investisseurs

Cette surreprésentation dans l’emploi peut notamment s’expliquer par le profil des entreprises concernées. Les joint-ventures associent généralement des investisseurs internationaux à des partenaires locaux, ce qui peut favoriser leur implantation dans des activités nécessitant davantage de main-d’œuvre, notamment la production, la transformation, la logistique ou certains services liés aux infrastructures. Le rapport ne permet toutefois pas, à lui seul, d’établir un lien causal entre la forme de propriété de l’entreprise et le volume d’emplois créés.

L’étude invite également à distinguer le poids des joint-ventures dans l’échantillon et leur contribution réelle à l’économie nationale. Les résultats portent sur 75 entreprises liées à l’investissement direct étranger et ne constituent donc pas une photographie exhaustive de l’ensemble du tissu productif camerounais. Cette précision est importante, d’autant que les entreprises à capitaux étrangers dominent naturellement l’échantillon analysé, le rapport étant consacré aux entreprises d’investissement direct étranger.

Pour les autorités camerounaises, ces données suggèrent néanmoins que les partenariats entre capitaux étrangers et acteurs locaux peuvent constituer un levier intéressant dans les politiques d’attraction et de rétention des investissements. À condition d’être accompagnées par des politiques de contenu local, de formation et de transfert de compétences, les joint-ventures peuvent contribuer à renforcer l’ancrage des investissements dans l’économie nationale.

Le rapport met ainsi en évidence un enjeu central pour la stratégie industrielle du Cameroun : attirer des capitaux étrangers ne suffit pas. La nature des investissements, leur mode d’implantation, leur degré d’intégration locale et leur capacité à générer des emplois formels doivent également être pris en compte.

Europe et Asie en tête des emplois déclarés

Le rapport relève aussi que l’Europe et l’Asie constituent les deux principales origines des emplois déclarés parmi les entreprises analysées. Les entreprises d’origine européenne représentent environ 45 % de l’emploi total recensé, contre environ 34 % pour celles d’origine asiatique. Lire la suite ICI 


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