Zlecaf : le Cameroun veut lever le verrou des règles d’origine pour doper ses exportations africaines

 


(Investir au Cameroun) - Une quinzaine d’entreprises camerounaises prennent part, du 29 juin au 2 juillet 2026 à Douala, à un atelier consacré aux règles d’origine dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Organisée conjointement par l’Organisation mondiale des douanes (OMD), l’Union européenne (UE) et le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC), cette formation vise à aider les opérateurs économiques à mieux utiliser les préférences tarifaires offertes par les accords commerciaux, en particulier ceux de la Zlecaf.

Derrière ce rendez-vous technique se joue un enjeu économique plus large : la capacité du Cameroun à accroître ses exportations vers le reste du continent. En 2023, l’Afrique ne représentait encore que 12,7 % des exportations camerounaises et 9,5 % de ses importations. Un niveau relativement faible au regard des ambitions affichées par la Zlecaf, qui promet aux pays membres un accès préférentiel à un marché continental de plus de 1,3 milliard de consommateurs.

L’atelier de Douala s’inscrit dans le cadre du programme UE-OMD pour les règles d’origine en Afrique, ou RoO Africa Programme. Il cible les exportateurs, les entreprises de transformation et les associations professionnelles, avec pour objectif de renforcer leur capacité à comprendre, appliquer et valoriser les règles d’origine dans leurs opérations commerciales.

Ces règles constituent l’un des mécanismes les plus déterminants de la Zlecaf. Elles permettent d’établir la nationalité économique d’un produit et de déterminer s’il peut bénéficier ou non des préférences tarifaires négociées entre les États parties. Autrement dit, une marchandise produite ou transformée au Cameroun ne peut profiter des avantages tarifaires de la Zlecaf que si elle répond aux critères d’origine prévus par l’accord.

Or, ces critères restent encore mal maîtrisés par une partie des opérateurs économiques. Cette faible appropriation peut priver les entreprises des préférences tarifaires auxquelles elles pourraient prétendre, rallonger les délais de traitement douanier, accroître les coûts et provoquer des litiges sur l’origine réelle des marchandises. Pour les exportateurs, l’enjeu est donc autant administratif que commercial.

Former un noyau national d’experts

Pour Guillaume Gerout, expert de l’OMD, l’objectif de la formation est de doter le Cameroun d’un noyau de formateurs qualifiés, capables de maîtriser les principes, les critères et les procédures relatifs aux règles d’origine définies par la Zlecaf. Ces formateurs devront ensuite relayer cette expertise auprès des agents des douanes, des opérateurs économiques, des transitaires et des autres acteurs de la chaîne logistique.

L’enjeu est de passer d’une connaissance théorique des accords commerciaux à une capacité pratique d’utilisation des préférences tarifaires. Pour les entreprises, cela suppose de mieux structurer leurs chaînes d’approvisionnement, de documenter l’origine des intrants utilisés, de sécuriser les certificats d’origine et d’adapter, lorsque cela est nécessaire, leurs procédés de production aux exigences du régime préférentiel. Lire la suite ICI

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