Au-delà des ports : la Chine s’implante dans les réseaux maritimes africains

 


L’intégration croissante de la Chine dans les infrastructures maritimes africaines présente à la fois des opportunités et des risques, ce qui exige une gestion stratégique de la part des gouvernements africains afin de préserver leur autonomie, de diversifier leurs partenariats et de faire prévaloir l’intérêt général.

L’Afrique occupe une position géostratégique cruciale le long des couloirs maritimes mondiaux reliant l’Asie, l’Europe et les Amériques. Pour la Chine, l’accès à ces voies est une priorité à la fois économique et stratégique.

En collaboration avec les gouvernements africains et les autorités portuaires, la Chine a mis en place de nouveaux corridors maritimes reliant les pôles portuaires africains d’Afrique de l’Ouest, du Nord et du Sud aux hubs portuaires chinois de Qingdao, Tianjin et Yantai, ainsi qu’aux zones pilotes de libre-échange adjacentes. Ces routes s’ajoutent aux dizaines de liaisons directes entre les ports africains et chinois, reflétant l’intégration croissante de l’Afrique dans des réseaux maritimes centrés sur la Chine. La Chine représente environ 22 % de l’ensemble des échanges commerciaux africains, et les entreprises chinoises exploitent, financent, s’associent ou détiennent des participations dans environ un tiers des ports africains.

L’intégration de la Chine dans les écosystèmes maritimes africains va bien au-delà de la construction de ports. La Chine est un acteur majeur dans le financement et l’exploitation des infrastructures routières, ferroviaires et d’entreposage africaines reliées à ces ports, ce qui entremêle étroitement les réseaux commerciaux africains avec ceux de la Chine. La Chine offre un accès en franchise de droits à pratiquement tous les pays africains. De plus, la Chine s’est de plus en plus intégrée aux systèmes qui sous-tendent l’activité maritime africaine grâce à sa flotte marchande — la plus grande au monde — ainsi qu’à ses entreprises publiques de transport maritime et de construction, à ses opérateurs de terminaux, à ses entreprises technologiques et à ses banques publiques.

Ces systèmes comprennent des logiciels d’exploitation portuaire, l’automatisation, l’intelligence artificielle (IA) et les technologies de cybersécurité, des programmes de formation et de gouvernance maritimes, ainsi que l’élaboration de normes en matière de gouvernance maritime. Les gouvernements africains ont été attirés par les investissements chinois dans les infrastructures commerciales, car ceux-ci apportent des financements, améliorent la coordination douanière, élargissent l’accès aux marchés et modernisent l’exploitation portuaire.

Ces avantages s’accompagnent toutefois de vulnérabilités considérables, notamment une dépendance excessive vis-à-vis des infrastructures maritimes construites ou financées par la Chine, ainsi que des technologies et des logiciels qui y sont associés. Parfois, ces accords exposent les pays africains à un endettement insoutenable. Dans certains cas, des inquiétudes ont été exprimées quant à la possibilité pour des entreprises chinoises d’acquérir une influence sur des infrastructures d’importance stratégique par le biais de prises de participation, de baux à long terme ou d’accords de gestion opérationnelle. Ces inquiétudes persistent en raison du manque d’accès du public aux accords et d’une surveillance insuffisante. Lire la suite de l'article sur Africa Center

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