Gabriel Mbaïrobé valide un plan de près de 40 milliards FCFA pour relancer le blé au Cameroun
En misant 30,9 milliards FCFA pour produire 180 000 tonnes de blé en trois ans, Yaoundé teste enfin à l’échelle industrielle une filière céréale stratégique face à plus d’un million de tonnes importées chaque année.
Le 24 juin 2026 à Yaoundé, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobé, a présidé un atelier qui a validé un plan d’action triennal destiné à relancer la culture du blé au Cameroun, doté d’une enveloppe de 30,9 milliards FCFA pour produire 180 000 tonnes de blé marchand sur trois ans.Cette feuille de route, élaborée avec des chercheurs, des producteurs et des acteurs du secteur privé, vise à relancer une culture encore très peu développée au Cameroun et à réduire la forte dépendance du pays au blé importé. Les statistiques nationales du commerce extérieur montrent que les importations de blé restent à un niveau élevé en volume et en valeur, ce qui reflète la sensibilité du pays aux fluctuations des prix internationaux.
Un pari triennal structuré autour de la semence et de la transformation
Selon les conclusions de l’atelier, le plan d’action prévoit l’exploitation de 4 500 hectares pour produire 9 000 tonnes de semences certifiées, volume jugé suffisant pour atteindre un objectif de 180 000 tonnes de blé grain marchand, déployées dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua, de l’Ouest et du Nord-Ouest.
Le programme est structuré en trois axes : d’abord la production de semences certifiées à partir des semences de base déjà disponibles, ensuite l’accompagnement de la production de blé marchand via un package d’intrants et de produits phytosanitaires subventionnés, enfin l’appui à la transformation et à la commercialisation, avec la mise en place d’infrastructures de stockage et de transformation.
Le conseiller technique n°2 du Minader, Amos Bassia Bassa, souligne que ce troisième pilier doit sécuriser les débouchés et limiter les pertes post-récolte, condition pour que les producteurs s’engagent durablement dans une filière historiquement jugée risquée.
Une réponse partielle à une dépendance de plus d’un million de tonnes importées
Les données présentées lors de l’atelier indiquent que le Cameroun importe chaque année plus d’un million de tonnes de blé, pour une facture dépassant 260 milliards FCFA, soit un niveau de sortie de devises qui renforce l’argument d’une politique de substitution par la production locale.
Les rapports récents sur la situation économique soulignent déjà que les céréales constituent l’un des principaux postes d’importations, le froment et le riz concentrant une part significative de la valeur des achats extérieurs, dans un contexte de volatilité des cours mondiaux. Sur d’autres céréales comme le riz, les autorités ont multiplié plans et projets sans parvenir pour l’instant à réduire significativement un déficit de production locale estimée à environ 140 000 tonnes pour une demande plusieurs fois supérieure.
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