Cacao - Café : l’algérien Madar cherche des fournisseurs au Cameroun

 


(Investir au Cameroun) - Le groupe public algérien Madar Holding prospecte le marché camerounais en vue de renforcer ses approvisionnements en café. Son président-directeur général, Adel Khemane, a participé, le 9 juillet 2026 à Douala, à des séances de travail avec l’Office national du cacao et du café (ONCC) et le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC).

Les échanges ont porté sur l’identification de fournisseurs et sur les conditions d’éventuels accords commerciaux destinés au marché algérien. Aucun volume, prix, montant ni calendrier de livraison n’a cependant été annoncé. À ce stade, la démarche relève donc d’une prospection commerciale et non d’un engagement ferme d’achat.

Ces rencontres faisaient suite à une audience accordée, la veille à Yaoundé, par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, aux responsables de Madar Holding. À cette occasion, Adel Khemane avait indiqué que le groupe recherchait des partenaires pour développer ses importations de café camerounais. Madar s’intéresse également à la banane et examine des possibilités d’investissement dans plusieurs filières agricoles.

Un marché algérien déjà ouvert au café camerounais

L’Algérie ne constitue pas un nouveau débouché pour le café camerounais. Entre 2020 et 2022, le Cameroun y a exporté pour environ 8,8 milliards de FCFA de café. Ce produit représentait alors 79,5 % de la valeur des ventes camerounaises sur le marché algérien.

En 2023, les exportations totales du Cameroun vers l’Algérie, tous produits confondus, ont atteint environ 7,7 milliards de FCFA, selon l’Institut national de la statistique.

La mission de Madar pourrait donc moins ouvrir un nouveau marché que formaliser et élargir un courant commercial déjà établi. Des contrats réguliers permettraient notamment de fixer les volumes, les critères de qualité, les prix, la fréquence des livraisons et les responsabilités logistiques.

La nature précise des produits recherchés reste toutefois à déterminer. Madar n’a pas indiqué si ses besoins portent sur du café robusta, de l’arabica, du café vert ou des produits déjà transformés. Le groupe n’a pas davantage précisé s’il envisage de traiter directement avec des exportateurs camerounais ou de recourir à des intermédiaires.

Le cacao reste au stade des discussions

Les échanges avec l’ONCC et le CICC ont également permis de présenter les capacités de la filière cacao et d’examiner d’éventuelles possibilités d’approvisionnement ou d’investissement. Mais aucune demande précise d’achat de fèves ou de produits dérivés n’a été rendue publique.

L’intérêt de Madar pour le cacao paraît donc moins avancé que celui exprimé pour le café. Il serait prématuré, en l’absence de volumes, de spécifications techniques ou de projet industriel identifié, de présenter le groupe algérien comme un futur acheteur de cacao camerounais.

Cette prudence est d’autant plus nécessaire que les rencontres institutionnelles constituent généralement une première étape avant l’ouverture de négociations entre les entreprises, la réalisation d’audits de fournisseurs et la conclusion de contrats commerciaux.

Un précédent encore limité à un protocole d’accord

La prospection de Madar intervient après un premier rapprochement entre des entreprises camerounaise et algérienne dans les produits transformés du cacao. Lire la suite ICI

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