Le Groupe de la Banque africaine de développement et le Japon renforcent leur coopération sur le financement du secteur privé


 Le Groupe de la Banque africaine de développement et le Japon approfondissent leur collaboration de longue date afin d’orienter davantage de capitaux privés vers les économies africaines, de construire des infrastructures de qualité et d’aider les pays du continent à mener à bien leurs projets, de la préparation à la mise en œuvre.

Ce partenariat réunit financement concessionnel, cofinancement par le secteur privé, préparation de projets, assistance technique, développement du capital humain et partage de connaissances. Ensemble, ces instruments aident les pays africains à développer des projets bancables, à réduire les risques liés aux projets et à relier les priorités nationales de développement aux chaînes de valeur régionales et mondiales.

Cette approche reflète des priorités communes en matière d’infrastructures de qualité, de chaînes d’approvisionnement résilientes, de développement du secteur privé et de renforcement des capacités institutionnelles. Elle s’appuie sur la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), qui s’est tenue en août 2025 à Yokohama. Les dirigeants japonais et africains y avaient mis l’accent sur la mise en œuvre, la mobilisation de capitaux privés et le renforcement des liens économiques.

Les récentes initiatives menées avec des entreprises nipponnes montrent comment ce travail passe du dialogue politique à des actions concrètes en matière d’investissement.

Lors des « Market Days » de l’Africa Investment Forum 2025, à Rabat, des start-up, des sociétés commerciales, des institutions financières et des partenaires de développement étaient réunis dans la Salle spéciale du Japon pour discuter de la mobilisation de capitaux privés et de l’intégration des pays africains dans les chaînes d’approvisionnement régionales et mondiales.

Les discussions avaient mis en lumière des activités du secteur privé japonais dans les pays africains soutenues par le Groupe de la Banque, notamment la centrale géothermique de Menengai (35 mégawatts) au Kenya, développée en collaboration avec Toyota Tsusho et Fuji Electric, ainsi que le Programme de croissance agricole en Côte d’Ivoire, mis en œuvre par NEC Corporation.

« Ce sont là des exemples concrets de ce qu’il est possible de réaliser lorsque l’on combine les opportunités de l’Afrique avec les atouts du Japon et le financement catalyseur du Groupe de la Banque », avait alors déclaré le président du Groupe de la Banque, Dr Sidi Ould Tah

Une relation construite autour de plusieurs axes

Le Japon a rejoint le Fonds africain de développement en 1973 et la Banque africaine de développement en 1982. Son partenariat avec le Groupe de la Banque s’étend désormais aux souscriptions de capital, aux dons et aux prêts concessionnels, au cofinancement avec le secteur privé et aux fonds fiduciaires bilatéraux. Le pays soutient également l’initiative Assistance renforcée au secteur privé en Afrique, le Fonds d’assistance au secteur privé africain et le Don pour le développement des politiques et des ressources humaines.

Le Groupe de la Banque collabore avec des institutions japonaises, notamment l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), la Japan Bank for International Cooperation (JBIC), la Nippon Export and Investment Insurance (NEXI) et l’Organisation japonaise du commerce extérieur (JETRO).

Le Japon est l’un des principaux contributeurs du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque destiné aux pays africains à faible revenu et structurellement vulnérables. Le pays s’est engagé à verser environ 600 millions de dollars sous forme de dons et de compensations au titre de l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale (IADM) dans le cadre de la dix-septième reconstitution des ressources du Fonds (FAD-17), ainsi qu’un prêt concessionnel libellé en yens d’un montant d’environ 583 millions de dollars.

Les contributions du Japon aident les pays africains à faire progresser leurs propres priorités tout en renforçant les conditions propices aux investissements à long terme. Lors des discussions sur le FAD-17, le Japon a approuvé une approche sélective axée sur des infrastructures de qualité, la gouvernance et la gestion de la dette, tout en mettant l’accent sur les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, les systèmes de santé, les réformes des marchés publics et la mobilisation de capitaux privés.

Développer le financement du secteur privé

Tandis que le Fonds africain de développement répond aux priorités nationales et propose des financements concessionnels, l’initiative appelée « Assistance renforcée au secteur privé en Afrique » (EPSA) offre une plateforme dédiée au développement des investissements du secteur privé. Créée par le Japon et le Groupe de la Banque en 2005, l’EPSA reste le principal mécanisme conjoint de développement du secteur privé sur le continent. Sa sixième phase, signée en marge de la TICAD 9, a un objectif de cofinancement de 5,5 milliards de dollars pour la période 2026-2028. En décembre 2025, le montant cumulé des contributions du Japon à cette initiative en plusieurs phases atteignait 7,4 milliards de dollars, avec les secteurs prioritaires de l’énergie, des transports, de la santé, de la connectivité, de l’agriculture et de la nutrition.

Le Fonds d’assistance au secteur privé africain (FAPA) soutient les travaux en amont nécessaires à la préparation des projets, au renforcement des entreprises et à l’amélioration des conditions de participation du secteur privé. Depuis 2005, le FAPA a reçu 128 millions de dollars de contributions japonaises et financé 111 projets pour un montant total de 86,8 millions de dollars, avec des dons consacrés à la préparation de projets, aux technologies propres, aux normes de qualité, aux micros et petites entreprises, aux start-up et aux incubateurs d’entreprises.

« Pour les entreprises japonaises qui envisagent une expansion en Afrique, le FAPA constitue un outil pratique et efficace. Le Japon demeure pleinement déterminé à soutenir l’expansion des entreprises et à contribuer à la croissance durable de l’Afrique », a souligné Minoru Hasegawa, du ministère japonais des Finances.

Par le biais du Don pour le développement des politiques et des ressources humaines, créé en 1994 et dont les contributions japonaises dépassent désormais 44 millions de dollars, le Japon fournit une assistance technique pour le développement de projets, de politiques et de ressources humaines dans l’agriculture, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la lutte contre le changement climatique, la gestion de la dette et la santé. Ce don soutient également la Plateforme Afrique-Asie, lancée en novembre 2025 afin de promouvoir le partage de connaissances, le transfert de technologies et l’innovation entre les pays africains et asiatiques. Lire la suite ICI

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