Titres publics : les levées des États de la Cemac progressent de 18,7% à 6 764 milliards FCFA
(Investir au Cameroun) - Le dynamisme observé depuis quatre ans sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), l’institut d’émission des six pays de la Cemac — Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA — s’est poursuivi au premier trimestre 2026. Selon le dernier rapport de politique monétaire de la banque centrale, les financements mobilisés par les États de la Cemac sur le marché régional des valeurs du Trésor sont passés de 5 699,9 milliards de FCFA à fin mars 2025 à 6 764,7 milliards à fin mars 2026. Cela représente une hausse de 1 064,8 milliards de FCFA en valeur absolue, soit une progression d’environ 18,7%.
Cette évolution traduit, selon la BEAC, un « recours soutenu au marché régional des titres publics », lié aux « besoins de trésorerie des administrations publiques ». Autrement dit, les États de la sous-région continuent de s’appuyer fortement sur ce compartiment pour couvrir leurs besoins de financement, dans un contexte de tensions persistantes sur les finances publiques.
Les OTA dominent légèrement les levées
Selon la BEAC, les pays de la Cemac ont davantage mobilisé les obligations du Trésor assimilables (OTA), des titres de moyen et long terme dont les maturités oscillent généralement entre 2 et 15 ans. Sur la période sous revue, les émissions d’OTA ont permis aux États de lever 3 481,7 milliards de FCFA.
En théorie, les OTA permettent de financer des besoins de moyen et long terme, notamment des projets d’investissement ou des opérations de refinancement. Leur poids dans les levées traduit donc une préférence des États pour des instruments offrant des maturités plus longues que les bons du Trésor.
Sur la même période, les États de la Cemac ont mobilisé 3 283 milliards de FCFA à travers les bons du Trésor assimilables (BTA). Ces titres publics, dont la maturité n’excède pas un an, servent généralement à couvrir des besoins de trésorerie à court terme, tels que le paiement de certaines dépenses courantes, de factures ou de dettes intérieures arrivées à échéance.
Les États privilégient les BTA à 52 semaines et les OTA de 2 à 5 ans
La typologie des titres émis révèle une préférence marquée des États pour les BTA à 52 semaines et les OTA de 2 à 5 ans. Sur le compartiment des BTA, la maturité à 52 semaines a été la plus sollicitée, avec un montant levé de 1 161,9 milliards de FCFA, représentant 35,4% du total des BTA mobilisés.
Sur le compartiment obligataire, les titres de 2 à 5 ans concentrent l’essentiel des montants levés. Selon la banque centrale, ces maturités ont « concentré à elles seules 84,5% des montants levés en OTA ». Cette préférence traduit la recherche d’un équilibre entre allongement des maturités et maîtrise du coût de financement.
Un encours en hausse, sur fond de besoins publics persistants
La montée en puissance du marché régional se reflète également dans l’évolution de l’encours des valeurs du Trésor. Selon les données de la BEAC, cet encours a progressé de 13,9%, passant de 8 451,8 milliards de FCFA en mars 2025 à 9 625 milliards de FCFA un an plus tard. Cette progression confirme que le marché régional des titres publics est devenu l’un des principaux canaux de financement des États de la Cemac. Lire la suite ICI
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