IA et robotique au primaire, le nouveau pari ghanéen pour l’employabilité


 (Agence Ecofin) - Dans sa quête de modernisation éducative et malgré la pénurie persistante d’enseignants qualifiés dans les régions les moins dotées du pays, le Ghana multiplie les initiatives numériques pour préparer sa jeunesse au marché de l’emploi de demain.

À Accra, le Ghana et la Corée du Sud ont signé un mémorandum d’entente pour lancer la deuxième phase du « Digital STEM Education Project », destiné à introduire l’enseignement de la robotique et du codage dans les écoles primaires. Selon une publication du ministère ghanéen de l’Éducation diffusée le mercredi 8 juillet sur Facebook, la Korea International Cooperation Agency (KOICA), agence de coopération internationale de Séoul, consacrera 28 millions de dollars à ce programme entre 2026 et 2032.

À cette occasion, le ministre de l’Éducation, Haruna Iddrisu, a annoncé que l’électronique et l’intelligence artificielle seront également intégrées au cursus de l’enseignement de base afin de préparer les élèves aux compétences requises par l’économie numérique.

« Le ministère va déployer un programme scolaire révisé, de la maternelle au collège, avant le 30 septembre, dont l’éducation numérique sera un élément central », a-t-il déclaré.

Selon les informations disponibles, la première phase du projet, menée entre 2021 et 2025, ciblait les compétences des filles en mathématiques et en sciences. Elle concernait les régions Centrale et Orientale. Elle a formé plus de 800 enseignants et touché près de 49 000 élèves, selon le ministère de l’Éducation. La phase 2 change de nature. Elle élargit le périmètre géographique aux régions Ashanti et du Nord. Elle prévoit la construction de l’Accra STEM Park. Elle renforce aussi le Northern STEM Resource Centre.

Un socle pédagogique déjà sous tension

Ce virage numérique suppose une base d’enseignement solide. Or, celle-ci reste fragile, selon les données de l’État ghanéen. Un rapport du Service statistique du Ghana (GSS), publié en mars 2025, montre que le ratio élèves par enseignant qualifié y dépasse 50 dans les régions du Nord, du Nord-Est et de la Savane. Ce chiffre est deux fois supérieur à celui du Grand Accra, où il s’établit à 25. Par ailleurs, le taux brut de scolarisation au primaire y atteignait 90 % en 2023, selon le même rapport.

Enseigner l’intelligence artificielle ou la robotique exige des compétences pédagogiques spécialisées. Ces aptitudes restent rares dans les régions les moins dotées en enseignants formés. Dans cette conjoncture, le ministre évoque le lancement d’un nouveau curriculum intégrant le numérique avant le 30 septembre. Il n’a cependant pas détaillé le dispositif de formation des enseignants prévu à cet effet.

Par cette réforme, le gouvernement espère assurer l’employabilité future d’une jeunesse formée au numérique dès l’école de base. D’autres pays ouest-africains avancent sur une voie comparable. En Côte d’Ivoire, l’Agence nationale de la formation professionnelle (AGEFOP) a lancé le « Programme national Passeport-Compétences » pour la période 2024-2026. Il vise à former et insérer au moins 100 000 bénéficiaires. Il prévoit aussi 10 000 certifications de validation des acquis de l’expérience. Les résultats de sa phase pilote ont été présentés en juin dernier à Abidjan. Ils ont révélé la nécessité d’orienter la révision des curricula vers les compétences numériques les plus demandées. Lire la suite ICI

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