Tramway de Douala : 400 milliards de FCFA à financer, des clauses contradictoires sur les garanties
(Investir au Cameroun) - La Communauté urbaine de Douala (CUD) prévoit un investissement d’environ 400 milliards de FCFA hors taxes pour la construction de sa première ligne pilote de tramway. Ce montant figure dans la version détaillée de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) n° 016/AMI/CUD/2026, daté du 26 octobre et publié le 29 octobre 2026 sur la plateforme internationale dgMarket. Le document prévoit également des mécanismes de soutien public destinés à protéger l’investisseur contre une fréquentation insuffisante. Mais plusieurs de ses annexes excluent explicitement ces garanties, laissant une contradiction à résoudre avant la sélection des partenaires.
Le montant de 400 milliards de FCFA, soit environ 610 millions d’euros, n’apparaît pas dans le communiqué diffusé par la municipalité le 26 octobre. Il correspond à un budget indicatif et non à un financement déjà mobilisé. Rapporté aux quelque 20 kilomètres de la ligne envisagée, il équivaut arithmétiquement à 20 milliards de FCFA par kilomètre. Ce ratio englobe l’investissement annoncé dans son ensemble et ne correspond donc pas au seul coût de pose des voies.
Le tracé doit relier l’échangeur de Bekoko au carrefour SCDP, à Ndogsimbi, en passant par le pont sur le Wouri et le rond-point Deido. L’infrastructure sera aménagée en double voie, principalement sur les emprises routières existantes.
Pour réunir les fonds nécessaires, la CUD mise sur des investisseurs privés, auxquels reviendront la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance du réseau. Le dossier exige un apport minimal en fonds propres de 30 % des dépenses d’investissement, soit l’équivalent de 120 milliards de FCFA sur la base du budget prévisionnel. Les candidats doivent également présenter deux lettres d’intention fermes de banques ou d’institutions financières de développement, précisant les montants, les durées et les conditions de financement envisagées.
La grille d’évaluation impose par ailleurs un modèle financier intégrant une rentabilité interne cible supérieure à 12 %, avec deux scénarios, selon que le projet bénéficie ou non des incitations fiscales prévues par la réglementation camerounaise.
Jusqu’à 2 milliards de FCFA par an envisagés pour couvrir le risque de fréquentation
Le financement privé envisagé n’exclut pas toute intervention budgétaire publique. Dans sa section consacrée aux contributions de la CUD, l’AMI prévoit un mécanisme de garantie partielle de trafic, qui pourrait être déclenché si la fréquentation du tramway tombe sous 70 % du scénario de référence.
La première tranche de soutien serait assurée par la municipalité, sous la forme d’une contribution plafonnée à 2 milliards de FCFA par an, à inscrire au budget de la ville. Une seconde tranche pourrait provenir de l’État, à travers une dotation d’équilibre que la CUD envisage de solliciter auprès du ministère de l’Économie et du ministère des Finances. Cette contribution étatique serait plafonnée à 40 % des recettes prévisionnelles et limitée à sept années d’exploitation, avec un montant dégressif. Lire la suite ICI

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