Sonara : l’État porte sa participation à 98 %, celle de TotalEnergies tombe à 0,42 %
(Investir au Cameroun) - L’État du Cameroun détient désormais directement 98,09 % du capital de la Société nationale de raffinage (Sonara), contre 81,95 % auparavant. Dans le même temps, la participation de TotalEnergies Marketing Afrique est ramenée de 4 % à 0,42 %, bien que son nombre d’actions demeure inchangé. Cette nouvelle répartition ressort d’un avis notarié daté du 14 octobre 2026 à Limbé, qui détaille les opérations de recapitalisation approuvées lors de l’assemblée générale extraordinaire du 17 juin dernier.
Sur les 3 216 058 actions composant désormais le capital de la Sonara, l’État en possède 3 154 660. TotalEnergies Marketing Afrique conserve ses 13 592 titres. Les trois autres actionnaires, tous publics, gardent également les leurs, mais voient leur poids diminuer. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) passe de 6,06 % à 0,64 %, la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) de 4,22 % à 0,45 % et la Société nationale d’investissement (SNI) de 3,77 % à 0,40 %. La part cumulée des actionnaires publics atteint ainsi 99,58 %, contre 96 % dans l’ancienne configuration documentée par le rapport ITIE 2023 du Cameroun, publié en décembre 2025.
Cette dilution a une conséquence sur les droits collectifs des actionnaires minoritaires. Ensemble, les quatre actionnaires autres que l’État ne détiennent plus que 1,91 % du capital, contre 18,05 % auparavant. Or, l’article 159 de l’Acte uniforme OHADA relatif au droit des sociétés commerciales exige au moins 10 % du capital pour demander à la justice la désignation d’un expert chargé d’examiner certaines opérations de gestion. Les quatre actionnaires pouvaient auparavant atteindre ce seuil en se regroupant. Ils ne le peuvent plus seuls. L’État disposait toutefois déjà d’une majorité suffisante pour contrôler les décisions des assemblées générales.
Une émission de 381 milliards de FCFA réservée à l’État
Cette recomposition résulte d’une opération financière dite de « coup d’accordéon », combinant réductions et augmentation de capital. La Sonara a d’abord annulé 278 777 actions, soit exactement le nombre de titres que détenait directement l’État dans l’ancienne répartition. Cette première opération a réduit le capital de 16,03 milliards de FCFA.
L’État a ensuite souscrit l’intégralité d’une émission de 6 628 200 actions nouvelles, d’une valeur nominale de 57 500 FCFA chacune, pour un montant de 381,12 milliards de FCFA. Cette souscription, réalisée avec suppression du droit préférentiel des autres actionnaires, a été suivie d’une seconde réduction du capital de 199,73 milliards de FCFA, par annulation de 3 473 540 actions.
Au terme de ces mouvements, le capital social de la Sonara est passé de 19,56 milliards à 184,92 milliards de FCFA. Son augmentation nette s’établit à 165,36 milliards de FCFA. La différence avec les 381,12 milliards de FCFA d’actions nouvelles émises correspond aux deux réductions de capital, qui totalisent 215,76 milliards.
L’avis notarié précise que l’augmentation a été réalisée par compensation de « créances certaines, liquides et exigibles » détenues par l’État du Cameroun en compte courant. Autrement dit, des sommes dues par la Sonara à son actionnaire public ont été transformées en capital. Ce mécanisme réduit les obligations correspondantes de la société envers l’État et renforce ses fonds propres, sans apport équivalent de trésorerie. Lire la suite ICI

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