Visas étudiants France Cameroun : Paris retire ses nouvelles règles
Fini le blocage bancaire obligatoire. L’Ambassade de France au Cameroun vient d’annoncer, dans un communiqué daté du 3 septembre 2026, l’abandon complet des conditions financières durcies imposées aux candidats au visa étudiant depuis juillet. La mesure contestée obligeait les étudiants admis dans le privé à prouver le paiement intégral de leur première année de scolarité, une somme qui pouvait grimper à plusieurs millions de FCFA selon les établissements visés.
Ce que Paris vient d’annuler, et pourquoi
Le communiqué consulaire ne tourne pas autour du pot. L’ambassade affirme noir sur blanc qu’elle « n’entend pas ajouter à la réglementation en vigueur de conditions supplémentaires », et surtout qu’elle renonce à « subordonner » l’instruction des dossiers à la preuve du paiement complet des frais de scolarité ou à la disponibilité bancaire immédiate de cette somme. Concrètement, un étudiant camerounais visant une école privée facturant 6 millions de FCFA par an n’aura plus à démontrer qu’il dispose déjà de cette somme bloquée sur un compte avant même l’examen de son dossier.
Le texte va plus loin. Il précise que toute disposition contraire tirée du communiqué du 10 juillet 2026, celui-là même qui avait mis le feu aux poudres, doit être « regardée comme nulle et non avenue ». Franchement, c’est rare de voir une administration reconnaître aussi frontalement qu’elle fait machine arrière.
Ce fameux communiqué de juillet avait imposé aux candidats admis dans le privé de prouver soit le règlement intégral de leur première année, soit la consignation de la somme équivalente, avant tout traitement de leur demande. Pour des familles camerounaises, cela représentait souvent plusieurs millions de FCFA à mobiliser d’un coup, sans aucune garantie d’obtention du visa au bout du processus. Le signal envoyé était clair : seuls les foyers les plus aisés pouvaient se permettre de tenter leur chance.
Une phrase revient souvent dans les discussions entre confrères ces derniers jours : comment un pays peut-il exiger d’un étudiant de 19 ans qu’il prouve qu’il a déjà des millions de FCFA disponibles, avant même de savoir s’il aura son visa ?
Une bataille judiciaire qui a forcé la main de Paris
Cette volte-face ne tombe pas du ciel. Elle intervient après la saisine du tribunal administratif de Paris par le Collectif des jeunes pour l’Accès aux Parcours d’études, dit CAP Études, qui avait déposé un référé pour obtenir la suspension immédiate de la mesure. L’association jugeait les nouvelles règles discriminatoires et contraires aux textes encadrant la mobilité étudiante internationale.
Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères avait pourtant tenté de défendre sa position devant le juge. Dans son mémoire en défense, il évoquait une hausse des demandes de visa d’études au Cameroun de l’ordre de 400% depuis 2018, avec plus de 6 000 candidatures enregistrées en 2025. Le ministère invoquait aussi un « phénomène de généralisation de la fraude » sur les preuves de solvabilité pour justifier son durcissement. Lire la suite ICI
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