Télécoms : le groupe canadien NuRAN veut utiliser Starlink pour ses sites ruraux au Cameroun, après un test au Nigeria

 


(Investir au Cameroun) - NuRAN Wireless envisage d’utiliser Starlink pour assurer la liaison de transmission de certains de ses sites de télécommunications rurales au Cameroun. Le projet reste toutefois conditionné aux résultats d’un premier test au Nigeria et à la disponibilité légale du service Starlink sur le marché camerounais, a indiqué l’entreprise canadienne dans un communiqué déposé le 22 septembre 2026 auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine.

Le test sera mené avec Infratel sur un site de NuRAN au Nigeria. Il doit permettre de mesurer les performances, la fiabilité, l’intégration et le coût de Starlink comme solution de « backhaul », c’est-à-dire comme liaison chargée d’acheminer le trafic d’une antenne mobile installée en zone rurale vers le reste du réseau de l’opérateur et Internet. Si l’expérience est concluante, NuRAN prévoit de reproduire ce dispositif en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Cameroun.

L’entreprise précise qu’elle n’a conclu aucun contrat direct avec Starlink ou sa maison mère SpaceX dans le cadre de cette opération. Au Nigeria, le service Starlink utilisé pour le test sera obtenu par l’intermédiaire d’un prestataire tiers. NuRAN envisage le même modèle dans les autres pays, sous réserve que le service y soit autorisé et disponible.

Davantage de bande passante pour les sites 3G et 4G

L’intérêt de NuRAN pour les satellites en orbite basse intervient au moment où l’entreprise augmente les capacités de ses installations camerounaises. Dans son rapport de gestion au 30 juin 2026, publié fin août, elle indiquait avoir lancé ses premiers sites 3G et 4G au Cameroun au cours du premier semestre.

Elle disait également tester plusieurs technologies de transmission, notamment l’UHF et les faisceaux hertziens, et prévoyait de tester prochainement les satellites LEO afin de disposer de davantage de bande passante.

Le communiqué du 22 septembre apporte donc une précision nouvelle : Starlink est désormais identifié comme la solution satellitaire que NuRAN veut expérimenter et, si les résultats sont satisfaisants, déployer sur certains de ses réseaux africains.

L’entreprise ne prévoit toutefois pas d’abandonner les solutions terrestres. Elle indique vouloir continuer à utiliser notamment les faisceaux hertziens et d’autres technologies de transmission lorsque les conditions locales le permettent. Le satellite serait utilisé dans les zones où les solutions terrestres sont limitées, indisponibles ou trop coûteuses.

Aucun coût comparatif entre Starlink et les technologies actuellement utilisées au Cameroun n’a été communiqué. Le test nigérian doit précisément permettre à NuRAN d’évaluer, entre autres paramètres, l’efficacité économique de cette solution à l’échelle commerciale.

Au Cameroun, l’entreprise travaille déjà avec Orange Cameroun et MTN Cameroon. Au 28 août 2026, elle indiquait avoir achevé la livraison de la première tranche de 122 sites prévue avec Orange et poursuivre le déploiement de sites pour MTN. Selon NuRAN, la majorité de ses sites en exploitation, particulièrement au Cameroun, enregistrent des niveaux moyens de trafic conformes à ses objectifs commerciaux.

L’autorisation de Starlink reste le verrou camerounais

La possibilité d’étendre le dispositif au Cameroun dépend cependant de la réglementation. Dans son communiqué du 22 septembre, NuRAN indique que Starlink a récemment obtenu des autorisations en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire et au Bénin, mais présente toujours le dossier camerounais comme étant « en cours ». Lire la suite ICI

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