« Sud Géoplus » ONU, bilan, réforme et avenir dans un monde en recomposition
L’émission « Sud Géoplus » du jeudi 17 septembre a dressé un tableau très large des défis auxquels sont confrontées les Nations unies et l’Afrique dans un monde en profonde recomposition.
(SenePlus) - L’émission « Sud Géoplus » a consacré son débat à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, organisée dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation du monde et l’émergence de nouvelles puissances et organisations internationales.
Pour analyser ces enjeux, l’émission recevait Désiré Axogba, juriste et expert en développement international, ainsi qu’Ibrahim, spécialiste des relations internationales.
Les échanges ont porté principalement sur la place et les limites de l’ONU, la transformation de l’ordre mondial, la position de l’Afrique, les Objectifs de développement durable (ODD), la dette, le changement climatique, les pandémies, le droit au développement, la lutte contre le racisme ainsi que les crises sécuritaires en Afrique.
Une ONU confrontée à un nouvel ordre mondial
Dès le début de l’émission, les intervenants constatent que la 81e session de l’Assemblée générale se tient dans un contexte international profondément différent de celui qui prévalait lors de la création de l’ONU.
Selon Désiré Axogba, le monde connaît aujourd’hui une fragmentation croissante, avec la reconstitution de blocs et l’apparition de nouvelles organisations. Il souligne que les Nations unies, créées après la Seconde Guerre mondiale, n’ont pas suffisamment évolué alors que le nombre d’États membres est passé de 51 en 1945 à 193 aujourd’hui.
Les intervenants considèrent ainsi que certaines grandes décisions internationales se prennent désormais en dehors du cadre onusien. Ils estiment que la session doit être l'occasion de réfléchir à la manière de restaurer le multilatéralisme, le respect du droit international et de la Charte des Nations unies.
Ibrahim rappelle plusieurs crises internationales qui, selon lui, illustrent les difficultés de l'ONU à faire respecter ses principes. Il estime que la fin de la bipolarité a profondément modifié les relations internationales et que la montée en puissance de la Chine, des BRICS et de différentes organisations du Sud témoigne de l’émergence d’un ordre plus multipolaire.
La montée en puissance du Sud global
Une partie importante du débat est consacrée au Sud global.
Les intervenants observent que plusieurs pays et regroupements cherchent désormais à développer leurs propres mécanismes de coopération. Ils citent notamment les BRICS, l’ASEAN et le Mercosur comme exemples de regroupements permettant à des États de défendre collectivement leurs intérêts.
Pour eux, le monde ne peut plus être organisé exclusivement selon les règles établies après la Seconde Guerre mondiale. Les nouvelles puissances et les pays du Sud doivent participer davantage à la construction des règles internationales.
Cette évolution est également liée, selon les intervenants, à la montée en puissance de la Chine et à l’apparition de nouveaux rapports de force économiques et diplomatiques.
L’Afrique dispose d’atouts mais reste insuffisamment organisée
La situation de l’Afrique constitue le cœur du débat.
Les intervenants estiment que le continent possède de nombreuses ressources nécessaires à l’avenir de l’économie mondiale, notamment dans les domaines de l’énergie, des minerais et des technologies liées à la transition énergétique.
Cependant, ils regrettent que les États africains négocient encore trop souvent séparément avec les grandes puissances et les partenaires économiques.
Pour Désiré Axogba, l’Afrique aurait intérêt à coordonner davantage ses positions afin de mieux valoriser ses ressources et de peser dans les négociations internationales.
L’idée d’une stratégie africaine commune revient donc comme l’un des principaux enseignements du débat.
Le rôle de l’Union africaine
Les intervenants soulignent également la nécessité de renforcer l’Union africaine.
Ils estiment qu’une organisation continentale capable de parler véritablement au nom de l’ensemble des États africains disposerait d’un poids plus important dans les négociations internationales.
La question du financement de l’Union africaine est également évoquée. L’un des intervenants affirme qu’une part importante de ses ressources provient de financements extérieurs, ce qui pourrait, selon lui, avoir une influence sur la définition de certaines priorités.
Le débat insiste donc sur la nécessité pour l’Afrique de renforcer son autonomie institutionnelle et financière. Lire la suite ICI
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