Le modèle éducatif japonais Tokkatsu gagne du terrain en Égypte


 (Agence Ecofin) - Alors que les pays africains cherchent à réformer leurs systèmes éducatifs pour mieux répondre aux exigences du marché du travail, certains se tournent vers des modèles pédagogiques asiatiques. L’Égypte en offre aujourd’hui l’exemple le plus abouti.

En Égypte, le programme Tokkatsu s’étend désormais à 7 universités. L’information, rapportée par la presse locale le mercredi 9 septembre, marque une nouvelle étape dans le déploiement de l’Egypt-Japan Education Partnership (EJEP), lancé en 2016. Ce que le pays a commencé comme une expérimentation dans quelques salles de classe devient, dix ans après, un pilier assumé de sa réforme éducative nationale, avec un réseau qui vise 500 établissements d’ici 2030.

Cette dynamique trouve son origine lors d’une visite d’État à Tokyo en 2016, au cours de laquelle le président Abdel Fattah Al-Sissi observe des salles de classe japonaises et décide d’en transposer le modèle. Le Tokkatsu, cadre pédagogique obligatoire dans toutes les écoles japonaises depuis la réforme éducative d’après-guerre, ne s’apparente pas à une matière académique supplémentaire. Il repose sur des activités que les élèves gèrent eux-mêmes au quotidien, comme les réunions de classe, le nettoyage collectif des locaux ou l’organisation d’événements scolaires, développant ainsi des compétences non cognitives documentées par la recherche éducative, notamment la coopération, la discipline, la persistance et le sens des responsabilités.

Son adoption en Égypte va bien au-delà de la simple transposition pédagogique. Le Tokkatsu est déjà intégré dans 100 écoles publiques ordinaires réparties sur 16 gouvernorats, avec un plan d’extension à 1700 établissements publics dès la rentrée 2026-2027. En août 2026, le ministre de l’Éducation Mohamed Abdel-Latif signe un accord avec le groupe japonais Ikuikan Education pour convertir 20 lycées techniques en établissements de formation aux normes japonaises, dans des filières directement ciblées sur les besoins du marché du travail, notamment les soins infirmiers, l’aide aux personnes âgées et les technologies de l’information.

Dans le même mouvement, le japonais est introduit comme deuxième langue étrangère dans dix écoles égypto-japonaises dès 2026-2027, consolidant l’ancrage culturel du partenariat.

Quand l’Égypte devient une plateforme régionale pour le modèle japonais

La pièce maîtresse de ce déploiement est l’Université égypto-japonaise des sciences et des technologies (E-JUST), dont la genèse illustre l’ancienneté et la profondeur du partenariat. Lancée dès 2008 à la demande du gouvernement égyptien avec l’appui technique de 12 universités japonaises, dont l’Université de Kyushu, l’Université de Kyoto et l’Institut de technologie de Tokyo, E-JUST a été conçue pour pallier les lacunes de l’enseignement supérieur égyptien en matière d’éducation pratique et de recherche de haut niveau. Implantée à Borg El-Arab près d’Alexandrie, elle attire aujourd’hui des étudiants d’Afrique et du Moyen-Orient et travaille en consortium avec l’Université d’Hiroshima dans le cadre d’un double master conjoint.

C’est précisément ce modèle de coopération que le Japon entend désormais diffuser plus largement, son programme EDU-Port d’exportation de l’éducation japonaise ayant fait du Tokkatsu l’un de ses vecteurs prioritaires à l’international. Lire la suite ICI


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