UNESCO, les apports de l’Afrique à l’histoire de l’humanité (17-23 septembre)
(Mondafrique) Le siège parisien de l’UNESCO inaugure le 17 septembre l’exposition « Héritages et contributions de l’Afrique et de ses diasporas à la marche de l’Humanité », visible jusqu’au 23 septembre. Images, cartes, objets et archives y replacent les sociétés africaines dans une histoire mondiale débarrassée du regard colonial.
L’exposition n’est pas un geste isolé : elle s’appuie directement sur l’Histoire générale de l’Afrique, l’un des plus vastes chantiers scientifiques jamais menés par l’organisation. Le projet a été lancé en 1964, au moment des indépendances, pour confier à des historiens africains et internationaux le soin d’écrire une histoire du continent affranchie des récits eurocentrés hérités de la colonisation. Plus de 550 chercheurs y ont contribué sur six décennies, sous la supervision d’un comité scientifique international composé aux deux tiers d’Africains — une manière, dès l’origine, de faire de l’auteur du récit un enjeu aussi politique que le récit lui-même.
De la préhistoire à l’Afrique globale
L’ouvrage compte aujourd’hui onze volumes. Les huit premiers couvrent la préhistoire du continent jusqu’à la période postérieure à 1935 ; les trois derniers, plus récents, développent le concept d’« Afrique globale », qui repositionne le continent non comme une périphérie de l’histoire mondiale mais comme l’un de ses foyers centraux et interconnectés. C’est cette matière – cartes, chronologies, biographies de figures scientifiques, politiques ou artistiques longtemps ignorées des manuels – que l’exposition traduit en un parcours visuel destiné au grand public, là où l’ouvrage original s’adressait avant tout aux chercheurs et aux enseignants.
Ce basculement vers une « Afrique globale » n’est pas propre à l’exposition : il porte le nom d’un programme à part entière lancé par l’UNESCO en 2021, qui relie explicitement l’histoire du continent à celle de ses diasporas, des Amériques aux Caraïbes en passant par l’océan Indien. L’exposition parisienne fonctionne ainsi comme la vitrine grand public d’un chantier plus large, qui recoupe aussi le travail mené de longue date par l’organisation sur les routes de la traite et de l’esclavage, autre dossier où la question de la mémoire, des lieux et des objets reste largement ouverte.
Récit historique, mémoire et diplomatie culturelle
En choisissant d’exposer ce matériau au siège même de l’organisation, l’UNESCO en fait un objet diplomatique autant que scientifique. L’institution inscrit explicitement la démarche dans un triptyque connaissance-mémoire-paix, et programme l’exposition à quelques semaines de la Biennale de Luanda, le forum panafricain pour une culture de la paix qu’elle coorganise avec l’Union africaine et le gouvernement angolais. Le rapprochement des deux rendez-vous n’a rien de fortuit : l’un fournit le matériau historique, l’autre le prolonge en un espace de dialogue politique et artistique entre États africains. Ensemble, ils posent la question de qui écrit l’histoire de l’Afrique, et pour quel usage présent , restitution des objets, révision des programmes scolaires, ou simple reconnaissance d’un rôle trop longtemps minoré dans les récits occidentaux de l’histoire mondiale.
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