Le Cameroun combat l’extraction aurifère illégale pratiquée par la Chine
Une nouvelle réglementation vise à réprimer la contrebande et protéger l’environnement
(Adf-magazine) Le Cameroun a récemment ordonné la suspension totale de toutes les activités d’extraction aurifère, en prenant ainsi des mesures draconiennes pour reprendre le contrôle des mines d’or industrielles et artisanales saisies par les sociétés chinoises qui avaient fini par dominer le secteur.
« L’ère de l’extraction aurifère frauduleuse au Cameroun est finie », a déclaré le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique le 4 avril.
Avant que les activités ne puissent reprendre, les sociétés minières sont requises de satisfaire aux cibles de production mensuelles minimum, de transitionner vers les systèmes de traitement en circuit fermé dans un délai de six mois et de payer une caution environnementale préalable de plus de 112.000 dollars.
« Ces mesures visent à restructurer le secteur, non seulement pour contrôler la production et accroître les réserves de l’État, mais aussi pour combattre l’extraction illégale qui provoque des pertes considérables pour l’économie camerounaise à cause de la contrebande », a dit le ministère.
Depuis des années, ce pays d’Afrique centrale lutte pour contrôler le secteur. Des divergences majeures entre les exportations d’or officielles du Cameroun et les chiffres d’importation bien supérieurs signalés par les autres pays, notamment les Émirats arabes unis, ont été révélées dans un rapport de 2023 publié par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives en décembre 2025.
Le Cameroun a signalé une production d’or de 953 kg en 2023, mais seulement 22,3 kg ont été officiellement exportés. Toutefois, les pays importateurs disent qu’ils ont reçu 15,2 tonnes (15.200 kg) d’or, soit près de 680 fois plus.
« Ceci suggère qu’une grande portion de l’or, en particulier l’or provenant de l’extraction artisanale, contourne les filières officielles et est détourné vers les réseaux informels ou passé en contrebande », a déclaré la chercheuse Aïcha Pemboura dans un rapport de mars 2026 sur le crime organisé en Afrique centrale.
En février 2026, le président camerounais Paul Biya a ordonné une investigation du trafic illégal de l’or afin d’identifier les réseaux de contrebande, affecter les responsabilités administratives et pénales, et proposer des actions correctives.
« Environ 200 sociétés illégales ont été identifiées dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, plus de 95 % d’entre elles étant des entreprises étrangères », a déclaré le ministère des Mines le 13 mai. Il a publié une liste montrant qu’un grand nombre de ces sociétés étaient dirigées par des ressortissants chinois.
En mars, le ministre des Mines par intérim Fuh Calistus Gentry a conduit une équipe de policiers et de soldats pour effectuer des inspections surprises et saisir du matériel et des véhicules dans un certain nombre de sites d’extraction illégaux qui avaient ignoré la suspension.
Plusieurs représentants des sociétés d’extraction chinoises ont participé à une réunion le 9 avril, pendant laquelle le professeur Gentry a informé le groupe des nouvelles restrictions. Il a déclaré que sa mission consistait à mettre fin aux opérations illégales et à restructurer complètement le secteur minier artisanal semi-mécanisé du pays.
Lire la suite ICI
Commentaires
Enregistrer un commentaire