La diaspora italienne courtisée pour la Culture du cacao et du café

Par  Josiane TCHAKOUNTE, Cameroon Tribune
Résultat de recherche d'images pour "diaspora italienne camerounaise Culture du cacao et du café"Les opportunités d’affaires et les appuis offerts par le programme New Generation étaient au centre du forum organisé mardi à la Chambre de commerce de Milan par l’interprofession.
Alphonse Azebaze, camerounais résidant en Italie depuis 19 ans projette de rentrer au pays. Il est probable
que ce soit pour se lancer dans la culture du cacao ou du café. Pour cela, le jeune souhaite d’abord se rassurer de l’existence d’un accompagnement si jamais il décidait d’associer au cacao d’autres cultures. Chantal Tatou, autre camerounaise vivant en Italie depuis huit ans, reviendra au pays, mais pas maintenant. Celle qui exerce déjà comme médecin doit encore se spécialiser, acquérir de l’expérience avant de rentrer. Elle espère bien bénéficier à ce moment-là d’une dérogation spéciale pour être éligible au programme New Generation qui limite l’âge des jeunes à accompagner à 40 ans. Noé Tenken, étudiant en ingénierie, pourrait s’intéresser à la culture du cacao et du café à condition qu’elle soit mécanisée comme il voit faire en Europe actuellement, notamment en Italie où il réside depuis cinq ans. « Les tracteurs, les systèmes d’irrigation. On doit dépasser les techniques rudimentaires, car, ce n’est pas encore le cas au Cameroun », confie-t-il.
Alphonse, Chantal et Noé ont pris part mardi dernier aux côtés de nombreux autres jeunes Camerounais vivant en Italie au Forum jeunes de New Generation organisé par le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) à Milan. La ville située dans le Nord-Ouest de l’Italie abrite depuis le 1er mai dernier l’Exposition universelle Milano 2015 dont la clôture est prévue le 31 octobre prochain. La Chambre de commerce, d’industrie, de l’artisanat et de l’agriculture de Milan, cadre du Forum présidé par Paulin Yanga, premier conseiller à l’Ambassade de la République du Cameroun en Italie et représentant de l’ambassadeur, a fait salle comble ce mardi. Ils sont actuellement 7000 Camerounais environ résidant en Italie contre 11 000 il y a quatre ans. Une baisse qui s’exilique simplement par le fait que certains vont dans d’autres pays à la recherche d’emplois ou retournent au pays. C’est le profil type de « nouveau » jeune camerounais que le Programme New Generation voudrait compter parmi ses produits grâce au projet « Spécial retour au pays ». Ils s’ajouteront aux 1042 jeunes déjà formés après trois ans d’activités et agrandiront les 1394,5 hectares de nouvelles plantations mises sur pied ou en cours au niveau national.
Partenariat
Et pour qu’il n’y ait pas de confusion sur de supposés intérêts derrière une telle démarche, le secrétaire exécutif du CICC a bien précisé qu’il s’agit bel et bien de présenter à ces jeunes, une activité économique rentable qui puisse en même temps contribuer au développement du pays. « Le CICC n’a pas un intérêt politique ni démagogique. C’est à nous de développer notre pays », a souligné Omer Gatien Maledy. D’ailleurs, l’offre du CICC est un partenariat. Les Camerounais de la diaspora souhaitant bénéficier des appuis du Programme New Generation devront apporter un terrain de sept hectares (contre trois requis aux jeunes vivant au Cameroun), être présents dans la plantation, c’est-à-dire vivre au pays et recruter de la main d’œuvre (au moins un ouvrier) qu’ils prendront en charge. De son côté, le programme fournira une aide dans la recherche du terrain avec des orientations sur les zones fertiles, aidera le jeune dans l’abattage, le formera lui et son ouvrier et leur apportera les appuis en intrants et l’assistance technique. La nature des questions ayant meublé les échanges a témoigné de l’intérêt de la cible. Le défi suivant sera pour les jeunes de la diaspora de  bien réfléchir à cette proposition et pour le CICC, d’assurer le suivi de manière à traduire dans les faits, les premières intentions qui seront signalées.
Dans un contexte où la consommation de chocolat croît de 2,5% chaque année tandis que l’offre en cacao augmente d’à peine 1% ; au regard de l’embellie des cours (entre 900 et 1500 F le kilo de cacao lors de la dernière campagne) et des bénéfices enregistrés (un million de F de chiffres d’affaires pour un hectare de cacao en considérant la récolte à 1000 kilos et le kilo à 1000 F), il y a là, toutes les raisons de se lancer.

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