12.12.2014

Ce qu'on attend du gouvernement

Par Jean Marie NZEKOUE, Cameroon Tribune
ct111214.jpgLes investissements massifs se trouvent au cœur du Programme spécial d’urgence rendu public à l’issue du Conseil ministériel de mardi. Ainsi donc, le gouvernement maintient le cap des grands projets
en vue d’accélérer la croissance économique. Le montant de ce Plan d’urgence (925 milliards) et les objectifs poursuivis prouvent à suffisance que l’économie et le social sont au centre des préoccupations du Chef de l’Etat qui tient le gouvernail avec la suite dans les idées. On se rappelle déjà que lors de son message à la Nation en décembre dernier, Paul Biya avait annoncé à partir de 2015 des « projets de seconde génération »
portant notamment sur des infrastructures de production d’énergie, de transport, d’approvisionnement en eau, de routes et d’autoroutes, avant de déplorer la persistance des « points de blocage, des zones de dispersion et des doublons » qui entravent la marche du Cameroun vers l’émergence à l’horizon 2035. Par des temps qui courent, il est réconfortant de constater que le Plan d’urgence triennal  bénéficiera en priorité aux secteurs qui touchent de près à la vie quotidienne des Camerounais et dont l’impact économique et social est déterminant pour l’amélioration de l’indice du développement humain.
Or par quelque bout qu’on le prenne, l’investissement est une donnée incontournable de ce programme. Qu’il s’agisse de l’aménagement urbain, de l’agriculture, de l’élevage, de la santé, de l’eau, de l’énergie, des infrastructures routières  ou de la sécurité, les investisseurs devront dénouer les cordons de la bourse pour financer différents projets. Des produits agricoles en quantité et en qualité, un réseau routier et ferroviaire dense, de l’eau et de l’électricité pour tous, des villes plus modernes et sûres…Voilà autant de secteurs porteurs.  Dans les pays avancés comme dans ceux en développement, il a été maintes fois prouvé qu’une relance judicieuse des investissements publics peut donner à la croissance une impulsion nécessaire au décollage. Mais à condition de respecter certains principes et règles. .
  L’investissement suppose, entre autres, la recherche des partenaires sur le plan national et extérieur. Etant donné que le programme va nécessiter la mobilisation d’énormes ressources  financières, il faut rendre plus attractives les conditions d’investissement, à travers par exemple l’amélioration du climat des affaires et surtout du processus de passation des  marchés publics. En clair, l’investisseur doit s’assurer d’un environnement économique favorable alors que l’entrepreneur qui veut soumissionner pour un marché d’appel d’offres ouvert doit  être rassuré d’avance sur les conditions de transparence, d’équité et de traçabilité.  C’est pour cela que le communiqué rendu public à l’issue du conseil ministériel insiste sur le fait que « le Plan d’urgence sera conduit en partenariat avec le secteur privé, à travers un processus rigoureux d’attribution des marchés à des entreprises capables, au plan technique et financier, d’exécuter avec professionnalisme les projets correspondants. »   Ces mots, choisis avec soin, constituent une mise en garde à peine voilée, aux professionnels de l’entourloupe.
  Si la réglementation en vigueur fixe clairement les règles applicables à tout marché public financé ou cofinancé par le budget de l’Etat ou sur ressources extérieures, en insistant sur les principes de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, force est de constater que la réalité du terrain est parfois très éloignée de ces nobles préoccupations. >>>

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