Un partenariat évoqué avec la Chine pour un projet d’investissement avicole de 900 millions $ au Nigeria
(Agence Ecofin) - Au Nigeria, l’élevage représente environ 7 % du PIB et joue un rôle clé dans l’approvisionnement en protéines animales. Parmi ses segments les plus dynamiques, la filière avicole, qui cherche à attirer de nouveaux investissements pour accroître ses capacités de production.
Le Nigeria prépare, en partenariat avec la Chine, un projet d’investissement évalué à 900 millions USD et destiné à développer une filière avicole intégrée. L'information est attribuée à Joseph Tegbe, responsable des relations internationales pour le partenariat stratégique Nigeria - Chine, par le média local BusinessDay le 25 mars.
L’initiative vise notamment à renforcer la production nationale d’œufs et de viande de volaille, afin de réduire le déficit en protéines animales dans le pays et d’en améliorer la sécurité alimentaire. Le plan prévoit la mise en place de six fermes avicoles intégrées, une dans chacune des zones géopolitiques du territoire. Chaque unité devrait produire environ 1 million d’œufs par jour, pour un objectif global de 6 millions d’œufs par jour.
« Lorsque nous atteindrons 6 millions d’œufs par jour, chacune des fermes devra compter 1 million de poules pondeuses et 300 000 poulets de chair. Chacune de ces fermes avicoles devra disposer de sa propre centrale électrique, de son abattoir et de son couvoir. Chaque ferme avicole intégrera une stratégie d’intégration en amont, car nous ne voulons pas mettre en place une ferme et devoir importer les matières premières pour l’alimentation. », explique le responsable.
Il est également prévu que chaque ferme avicole soit soutenue par une exploitation agricole de 10 000 hectares dédiée à la production de maïs et de soja, deux matières premières indispensables dans l’alimentation des volailles.
Un montage financier hybride avec les investisseurs chinois
Alors que chacune des fermes est évaluée à environ 150 millions USD, leur financement repose sur un schéma mixte. D’après les propos relayés, les deux premières fermes à mettre en place seront entièrement financées par le gouvernement nigérian, tandis que les quatre restantes seront cofinancées à hauteur de 85 % par des investisseurs chinois, le reste provenant du gouvernement.
« Dans une première phase, nous assurons un financement intégral... Ensuite, la phase suivante reposera sur un financement conjoint, avec une contribution des partenaires chinois. Ce financement sera étalé sur dix ans, avec un moratoire de trois ans », explique M. Tegbe, qui précise qu’à long terme, le gouvernement prévoit de transférer la gestion des installations à des opérateurs privés nigérians.
La date de démarrage des travaux n'est pas encore connue, mais si ce projet d’investissement se concrétise, il devrait contribuer à renforcer les capacités de production de l’industrie locale. Selon les estimations du Service national de vulgarisation agricole et de liaison pour la recherche (NAERLS), l’industrie avicole nigériane, qui repose sur des exploitations traditionnelles de basse‑cour et des entreprises commerciales modernes, affiche une production annuelle d’environ 700 000 tonnes de viande et 650 000 tonnes d’œufs.
Bien que l’importation de viande de poulet est interdite depuis 2003 dans le pays, les flux illégaux subsistent pour alimenter le marché, suggérant une capacité de production locale encore insuffisante pour satisfaire la demande. Dans une analyse du marché nigérian, l’entreprise agroalimentaire singapourienne Olam Agri, qui opère dans l’industrie des aliments pour animaux dans le pays ouest-africain, estime qu’entre 150 et 200 millions USD en viandes de volaille y sont illégalement importées chaque année.
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