Pourquoi la Russie coopère de plus en plus étroitement avec l’Afrique ?

L’intérêt que la Russie porte à la coopération avec les pays d’Afrique est dû en premier lieu à l’orientation de la politique extérieure russe. À la différence des pays de l’Occident qui cherchent à préserver leur domination sur la scène mondiale, la Russie se rend compte que de nouveaux centres d’influence économiques et politiques s’imposent et demandent qu’on les respecte. Il est évident que le monde unipolaire se transforme en un monde multipolaire.
À côté des pays d’Asie, de Proche-Orient et d’Amérique latine, les pays africains veulent être des acteurs à part entière sur l’arène internationale. Cela ne doit pas surprendre compte tenu du fait que la population du continent augmente d’année en année. Selon les estimations de l’ONU, elle compte près de 1,5 milliard de personnes et ce chiffre peut atteindre 2,5 milliards vers l’année 2050. En même temps, 800 millions d’habitants de l’Afrique sont âgés de moins de 25 ans. Pour la plupart, ce sont des gens actifs qui ne veulent pas voir leurs pays être classés parmi les pays du « tiers monde ».
Ainsi, le marché de consommation du continent se développe également à la cadence la plus rapide au monde. Ses volumes se multiplient par deux tous les cinq ans. Face aux mesures restrictives de l’Occident le commerce extérieur russe se réoriente vers d’autres régions, et le continent africain est désormais l’un des marchés clés pour la Russie. Les chiffres sont éloquants: ces cinq dernières années les échanges commerciaux entre la Russie et les pays d’Afrique ont augmenté de plus de 60%, de 16,8 milliards de dollars jusqu’à 27,7 milliards de dollars. Si cette dynamique se poursuit, les échanges en question atteindront le niveau de 50 milliards de dollars vers l’année 2030.
La hausse de la demande de produits et de technologies russes est due en outre au fait que les pays d’Afrique ont besoin d’infrastructures pour développer les secteurs minier, numérique, nucléaire et hydronénergétique. Or, la Russie possède l’expérience et les compétences nécessaires pour répondre à tous ces besoins.
Ce qui est le plus important c’est que les relations entre la Russie et les pays africains se développent sur une base solide. Vers la seconde moitié des années 1980 les spécialistes russes ont contribué à la construction de plus de 330 importants objets industriels et d’infrastructure tels que des centrales hydroélectriques, des systèmes d’irrigation, des sites agroalimentaires qui fonctionnent jusqu’à nos jours et restent des moteurs importants du développement économique du continent.
En plus, des dizaines de milliers de médecins, ingénieurs, professeurs, militaires ont reçu une formation dans les établissements d’enseignement supérieur russes et soviétiques. Mieux encore, on compte parmi eux des ministres, des diplomates et même des présidents de certains pays africains. Si au milieu des années 2000, près de 7000 Africains ont fait leurs études en Russie, aujourd’hui ce chiffre est de 35000. Il s’agit de plus de 300 établissements d’enseignement supérieur en 90 villes russes.
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