Le FMI alerte sur les fragilités des banques camerounaises face au pari de croissance
(Investir au Cameroun) - Dans sa consultation annuelle publiée le 30 mars 2026, le Fonds monétaire international met en garde contre les limites du système bancaire camerounais. Entre montée du risque souverain, poids des banques publiques et retard dans les réformes anti-blanchiment, Yaoundé pourrait se heurter à un obstacle majeur au moment de financer ses ambitions de croissance.
Le Fonds monétaire international (FMI) a publié, le 30 mars 2026, sa consultation annuelle avec le Cameroun, première économie de la Cemac. Derrière les perspectives de croissance affichées par le pays, l’institution met en lumière une vulnérabilité centrale : la capacité du système bancaire à financer durablement l’économie.
L’avertissement n’est pas nouveau, mais il revient avec plus d’insistance dans un contexte particulier. Depuis la fin du programme économique conclu avec le FMI en juillet 2025, le Cameroun est entré dans une phase de surveillance post-financement, sans nouveaux décaissements. Dans ce cadre, les banques locales apparaissent plus que jamais comme un relais essentiel pour soutenir l’investissement et l’activité.
Or, selon l’institution de Bretton Woods, ce relais pourrait s’avérer insuffisant si des réformes structurelles ne sont pas menées rapidement. Dans son évaluation, le conseil d’administration du FMI demande ainsi aux autorités camerounaises de « faire preuve de prudence face à l’expansion croissante de l’empreinte de l’État dans le secteur bancaire » et appelle au « renforcement de la gouvernance des banques d’État ».
Le signal est d’autant plus important que le crédit au secteur privé, l’un des principaux indicateurs de vitalité du système bancaire, marque un ralentissement. D’après les données annexées au rapport Article IV, sa progression est attendue à 11,2 % en 2025, contre 12,3 % en 2024. Le FMI table sur une légère reprise à 11,7 % en 2026, mais précise que cette évolution dépendra de réformes qu’il juge « décisives et soutenues ».
Pour l’institution, l’enjeu dépasse le seul secteur financier. La croissance projetée à 3,3 % en 2026, puis à 4,6 % à moyen terme, repose sur une montée en puissance des investissements, notamment dans les infrastructures et le secteur minier. Encore faut-il que le système bancaire soit en mesure de mobiliser l’épargne, d’orienter les capitaux et d’accompagner le financement des entreprises. C’est précisément sur ce point que le FMI exprime ses réserves
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