Diplomatie Belgique: Le prix Awa met les entrepreneuses sur le devant de la scène
Depuis sa création, le prix Awa d’Enabel a récompensé le travail de 28 entrepreneuses, issues de 13 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, qui exercent une influence positive sur leur communauté ou sur l’environnement. Grâce à ce prix, les lauréates ont pu gagner en visibilité et en crédibilité, accroître leur chiffre d’affaires et affiner leurs compétences.
L’Afrique et le Moyen-Orient sont deux régions caractérisées par leur population extrêmement jeune, dont une grande partie regorge d’idées, hommes comme femmes. Les jeunes remarquent ce qui ne va pas et sont mus par une envie de changer les choses. Pour ce faire, ils mettent à profit leurs idées sous la forme d’entreprises, qui leur garantissent non seulement un revenu, mais exercent également des effets positifs sur la communauté et/ou sur l’environnement.
Des langes lavables écologiques
Que penseriez-vous d’un lange lavable et écologique, fabriqué en fibres de
banane ? Au Bénin, Adétola Adanlawo est fière de présenter une alternative
aux langes jetables classiques, bien moins chère et plus respectueuse de
l’environnement. Au Mali, Aminata Simpara s’est spécialisée dans la fabrication
de protections hygiéniques lavables et lutte contre la précarité menstruelle.
Au Burundi, Kathia Iradukunda a eu la brillante idée de confectionner des
nappes, des paniers, des tapis ou encore des articles de bureau à partir de fibres
de jacinthe d’eau, une plante invasive qui prolifère, entre autres, dans le lac
Tanganyika.
En Côte d’Ivoire, Edith Kouassi recycle des déchets plastiques pour les
transformer en pavés et en plaques d’isolation. Au Burundi, Dative Uwimana a su
exploiter un vide dans le marché en combinant la promotion de l’écotourisme
avec la plantation d’arbres et la protection des chimpanzés.
Credia Umuhire Ruzigana propose, quant à elle, des romans, des bandes
dessinées et des jeux de société. À travers des récits et des contes inspirés
de la riche culture rwandaise, elle essaie d’encourager les enfants à lire. En
Côte d’Ivoire, Adja Soro utilise elle aussi les légendes africaines pour
développer l’imagination des enfants à travers la production de dessins animés.
Les normes sociales : un frein à
l’entrepreneuriat féminin
Toutes ces femmes sont de véritables entrepreneuses qui n’ont jamais baissé
les bras, bien que, pour elles, la voie de l’entrepreneuriat soit semée
d’embûches. Ne serait-ce que parce qu’elles doivent se battre contre le
préjugé selon lequel « les femmes n’en sont pas capables ».
Par ailleurs, l’accès à l’éducation et au financement est généralement plus
difficile pour les femmes en Afrique et au Moyen-Orient. Qui plus est, elles
doivent souvent faire face à des violences fondées sur le genre dans le domaine
de l’entrepreneuriat, tandis que les normes sociales et les inégalités
juridiques représentent elles aussi un frein à leur émancipation.
C’est pourquoi, par l’intermédiaire de leurs entreprises, elles visent
souvent à venir en aide aux femmes vulnérables (expatriées, sans formation
quelconque…). Au Nigéria, Aïcha Macky s’emploie par exemple à créer des
documentaires qui abordent des sujets tabous, tels que la perception du corps
de la femme et l’infertilité.
Un grand pas en avant
Toutes ces entrepreneuses méritaient bien un petit coup de pouce pour
renforcer considérablement leur action. C’est là tout l’intérêt du prix Awa,
qui, entre 2022 et 2026, a récompensé 28 lauréates issues de 13 pays
d’Afrique et du Moyen-Orient. Enabel, l’agence belge de coopération internationale,
s’est chargée de l’organisation. Plus qu’une simple distinction, le prix
comprenait également un soutien financier, un accompagnement et des
possibilités de réseautage.
Le 6 mars 2026, les 12 lauréates qui ont décroché le premier
prix de leur catégorie étaient réunies à Bruxelles. L’objectif : clôturer
le prix Awa en beauté et faire le point sur l’influence que la récompense a pu
exercer sur leurs carrières et entreprises respectives.
Parmi les lauréates, le sentiment d’avoir pu faire avancer les choses grâce
au prix Awa dominait les esprits. Le soutien financier leur a permis d’investir
davantage, par exemple, dans un nouveau bâtiment, dans un magasin, dans
l’achat de machines professionnelles, ou encore dans le renforcement de leur
présence sur les réseaux sociaux. Certaines ont choisi de réinvestir les
bénéfices de leur victoire dans la formation de jeunes filles, ouvrant la voie
à une nouvelle génération d’entrepreneuses.
Les formations – en entrepreneuriat,
gestion d’entreprise… – et les coachings ont
aussi porté leurs fruits. De ces rencontres ont émergé de nouvelles
idées comme la création d’ateliers pour les touristes, axés sur la
confection d’objets artisanaux en fibres de jacinthe d’eau. Le point commun
entre toutes les lauréates : leur chiffre d’affaires a augmenté,
jusqu’à quintupler pour certaines, et elles ont pu engager plus de
personnel. En moyenne, chaque lauréate a créé 9,75 emplois à temps
plein.
Grâce au prix Awa, les lauréates ont également gagné en visibilité sur la
scène internationale, ce qui leur a parfois permis d’obtenir des financements
supplémentaires et d’attirer de nouveaux marchés, partenaires ou une nouvelle
clientèle. Edith Kouassi ne se cantonne par exemple plus seulement au
recyclage de déchets plastiques. Elle fabrique désormais aussi des sacs à main
en cuir végétal obtenu à partir de graines.
Évidemment, le prix représente aussi une reconnaissance de la
qualité de leur travail. Les entrepreneuses récompensées gagnent en
crédibilité, dans leur pays comme à l’international.
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