Les réformes minières africaines peuvent-elles générer des milliards d'investissements ?

 


La Semaine minière africaine 2026 mettra en lumière comment la sécurité juridique et les cadres miniers modernisés créent des opportunités d'exploration et de valorisation se chiffrant en milliards de dollars.
LE CAP, Afrique du Sud, 11 mars 2026 – Les pays africains riches en ressources minérales s’activent pour débloquer les investissements, diversifier leur production et accroître la valeur ajoutée locale. La modernisation des codes miniers et la mise à jour des cadres réglementaires offrent aux investisseurs des règles plus claires, une plus grande sécurité et un accès à une gamme plus étendue de minéraux critiques. En favorisant la transparence et l’alignement stratégique, ces réformes attirent non seulement les capitaux, mais stimulent également le développement des industries en aval et positionnent l’Afrique comme un fournisseur clé pour la transition énergétique mondiale.

Nouvelles lois, nouveaux accords

Le Libéria s'apprête à adopter un nouveau code minier dans les trois prochains mois, créant ainsi une société minière nationale afin d'accroître la participation de l'État aux grands projets et de renforcer sa position de négociation. Près de 80 % du territoire national demeure géologiquement inexploré, offrant d'importantes opportunités dans le secteur des minéraux, voire du pétrole et du gaz.

« La géologie du Libéria est d'une richesse exceptionnelle », a déclaré le ministre des Mines et de l'Énergie, Matenokay Tingban, lors d'un entretien accordé à Energy Capital & Power en janvier. « Nous recherchons des partenaires pour la cartographie et l'exploration géologiques. L'accès aux données géoscientifiques nous permettra de négocier des accords d'investissement plus avantageux et de développer les infrastructures en aval. »

Le minerai de fer domine actuellement la production du pays – avec un objectif de 30 millions de tonnes par an d'ici 2026 – mais le nouveau cadre devrait encourager la diversification vers d'autres ressources essentielles tout en facilitant les partenariats pour l'exploration et le traitement en aval.

Parallèlement, la Namibie finalise une nouvelle loi sur les minéraux qui remplacera celle de 2002, témoignant de son engagement en faveur de la valorisation locale des ressources, d'une participation inclusive et de la compétitivité des investissements. Selon Isabella Chirchir, commissaire aux mines au ministère de l'Industrie et des Mines, ces réformes visent à « attirer des capitaux afin de diversifier la production au-delà des diamants et de l'uranium, en s'orientant vers des métaux stratégiques tels que le lithium et les terres rares ».

En Afrique centrale, la République du Congo a approuvé en novembre 2025 un projet de code minier instaurant des appels d'offres concurrentiels, un système d'autorisation formelle pour les petits exploitants miniers et un soutien au traitement local. Ces mesures visent à accroître la transparence, à attirer les investisseurs et à renforcer la chaîne de valeur nationale pour les minéraux traditionnels et stratégiques.

Les réformes stimulent les opportunités

Sur tout le continent, les pays modernisent leurs codes miniers afin de stimuler l'investissement et la production. La Côte d'Ivoire révise son code minier pour y inclure une plus large gamme de minéraux, dont le chrome, le coltan, le lithium, le cuivre, le cobalt et le minerai de fer, venant compléter son parc minier actuel de 19 mines en exploitation. La Somalie remanie également sa réglementation minière pour exploiter des ressources encore peu développées comme l'uranium, le lithium, le cobalt, l'or et les diamants, témoignant de l'intérêt croissant des investisseurs pour des marchés jusqu'alors sous-exploités.

Les résultats de ces réformes sont déjà visibles. Le Mali, qui a introduit un nouveau code minier en 2023, demeure le deuxième producteur d'or d'Afrique tout en développant des projets de lithium et une nouvelle raffinerie d'or avec ses partenaires internationaux Barrick et B2Gold. Le Burkina Faso, qui a adopté un code révisé en 2024, a augmenté sa production d'or d'environ 57-60 tonnes à 94 tonnes en 2025, renforçant ainsi la confiance des investisseurs et sa position de quatrième producteur d'or d'Afrique.

Dans ce contexte, la Semaine minière africaine 2026 (du 14 au 16 octobre au Cap) réunira décideurs politiques, chefs d'entreprise et investisseurs internationaux afin d'examiner ces transformations réglementaires et les opportunités qu'elles offrent. De l'exploration au traitement en aval, l'événement mettra en lumière comment les cadres modernisés transforment la sécurité juridique en un potentiel d'investissement concret, reliant les capitaux aux projets susceptibles de stimuler la croissance du secteur minier africain.

Distribué par APO Group pour le compte d'Energy Capital & Power.

SOURCE
Capital énergétique et énergie

Commentaires