L’Union européenne larguée dans la course à la coopération en Afrique (par Oumar NDIAYE)

 

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(Le Soleil.sn) En visite cette semaine au Sénégal, Patricia Lombart Cussac, directrice générale Afrique du Service européen d’action extérieure, a accordé un entretien au Soleil pour détailler le portefeuille de partenariats avec le Sénégal en particulier et l’Afrique en général, et surtout esquisser les perspectives de coopération avec le continent africain.

Il se trouve que depuis deux à trois décennies, le paysage des partenariats économiques, mais aussi politiques de l’Afrique avec les autres parties du monde est en grande mutation. Ce mouvement a pris son essor à la fin des années 1990 et au début des années 2000. À ce moment, la Chine, en grand besoin de matières premières pour soutenir son décollage économique, a valorisé celles de l’Afrique et fait du continent une destination de grands investissements. Cette réorientation s’est faite au détriment d’autres partenaires comme l’Europe, pourtant présente en Afrique depuis plusieurs siècles.

L’expansion de la coopération chinoise s’est accentuée lors de la dernière décennie avec une extension des partenariats qui couvrent aujourd’hui plusieurs domaines, de l’économie à la politique en passant par la culture et l’éducation. Consciente de son décrochage dans cette course à la coopération en Afrique où la Chine s’est taillé une part importante, l’Europe tente de revenir dans le jeu. L’organisation du dernier sommet entre l’Union européenne et l’Union africaine, qui s’est déroulé en novembre 2025 à Luanda en Angola, s’inscrit dans cette dynamique. Mais il faudra beaucoup plus d’efforts diplomatiques et surtout économiques pour éviter que l’Europe ne soit pas davantage distancée.

Aujourd’hui, ce qui est appelé sentiment antifrançais, et par extension antieuropéenne, traverse une bonne partie de la jeunesse africaine. Les discours aux accents souverainistes, même lorsqu’ils s’accompagnent de relents populistes, occupent désormais une place importante dans le nouveau narratif africain et visent généralement la coopération française ou européenne.

Pour adapter son offre de coopération et mieux l’aligner à celle des autres partenaires présents en Afrique que sont la Chine, la Russie et les États-Unis, l’Union européenne a mis en place en 2021 son plan Global Gateway. Cette stratégie vise à créer des écosystèmes d’infrastructures dans les transports, l’énergie et le numérique, avec l’ambition de mobiliser d’ici à 2030 plus de 300 milliards d’euros d’investissements dans plusieurs régions du monde, dont l’Afrique subsaharienne. Présentée comme une réponse aux Routes de la soie chinoises, la Global Gateway, bien qu’en progression, n’a pas encore acquis la visibilité ni l’efficacité du dispositif chinois.

Sur le plan sécuritaire également, la coopération entre l’Europe et l’Afrique, qui a connu des jours plus favorables, est aujourd’hui remise en question avec le départ demandé par plusieurs pays africains des troupes européennes, notamment françaises, de leurs territoires.

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