Sommet Afrique-France 2026 : Yaoundé et Paris affinent leur partenariat stratégique à l’approche de Nairobi


(Investir au Cameroun) À quelques semaines du sommet Afrique-France 2026, les lignes diplomatiques se précisent entre le Cameroun et la France. Le 13 avril 2026, le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, a reçu en audience l’ambassadeur de France au Cameroun, Sylvain Riquier. Au cœur des échanges : un tour d’horizon de la coopération bilatérale, mais surtout la préparation du sommet « Africa Forward », prévu les 11 et 12 mai à Nairobi, au Kenya.

Placée sous le thème « Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance », cette édition marque une évolution notable. Pour la première fois, le rendez-vous se tiendra dans un pays anglophone, rompant ainsi avec une tradition longtemps ancrée dans l’espace francophone. Co-présidé par la France et le Kenya, ce sommet entend repositionner la relation Afrique-France autour des enjeux contemporains : transformation numérique, industrialisation, agriculture, santé et transition énergétique.

Pour le Cameroun, qui entretient une relation historique et stratégique avec Paris, cette rencontre représente une nouvelle opportunité de consolider ses intérêts économiques et diplomatiques. Le président Paul Biya, habitué de ces sommets, y porte généralement les préoccupations liées au financement du développement, à la stabilité régionale et à la coopération sécuritaire.

Sur le plan économique, les relations entre les deux pays restent denses, bien que marquées par des évolutions récentes. En 2024, la France s’est positionnée comme le 5e client du Cameroun, avec 5,7 % de parts de marché, perdant ainsi du terrain par rapport aux années précédentes. Du côté des importations, elle recule également à la 4e place. Les échanges restent toutefois structurés autour de produits clés, notamment les médicaments, le blé, les carburants et le malt, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS).

Levier d’opportunités

Au-delà des chiffres, la présence économique française demeure significative. Plus de 200 entreprises françaises opèrent au Cameroun, générant environ 20 000 emplois directs et contribuant à des projets d’envergure, à l’image du barrage hydroélectrique de Nachtigal. Une implication qui illustre l’ancrage durable de la coopération économique entre les deux pays. Mais la relation ne se limite pas aux échanges commerciaux. Elle s’inscrit aussi dans une dynamique politique et mémorielle en mutation.

Le sommet de Montpellier en 2021 avait marqué un tournant en excluant les chefs d’État africains au profit de la société civile. Une orientation qui a conduit le Cameroun à mettre en place, dès 2022, un mécanisme de suivi des recommandations issues de cette rencontre. Dans cette même logique de refondation, la visite d’Emmanuel Macron à Yaoundé en juillet 2022 a permis de relancer le dialogue autour de questions sensibles, notamment l’histoire de la guerre d’indépendance du Cameroun, avec la mise en place d’une commission d’historiens chargée de mettre en exergue le rôle de la France dans la répression des mouvements indépendantistes camerounais entre 1945 et 1971. Parallèlement, les discussions ont porté sur la sécurité dans le Golfe de Guinée et le renforcement de la souveraineté des États africains.

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