Assemblées annuelles 2026 : le Groupe de la Banque africaine de développement renforce les cofinancements pour amplifier ses investissements sur le continent


 Le Groupe de la Banque africaine de développement intensifie ses efforts pour mobiliser des cofinancements afin d'amplifier l'impact du développement sur l'ensemble du continent, dans un contexte de déficit de financement annuel estimé à plus de 400 milliards de dollars américains.

En décembre 2025, à Londres, lors de la dix-septième reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17), le Groupe de la Banque africaine de développement a renforcé son guichet concessionnel grâce aux contributions directes de 44 partenaires financiers pour le développement. Des 24 pays africains qui ont annoncé leur contribution, 20 d'entre eux y contribuaient pour la première fois. Parallèlement, le Fonds de l'OPEP pour le développement international et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique annonçaient des cofinancements complémentaires pouvant atteindre respectivement deux milliards de dollars et 800 millions de dollars sur la période 2026-2028. Bien que ces engagements ne constituent pas des contributions directes au Fonds, ils élargissent l'offre de financements concessionnels et mixtes disponibles pour soutenir les investissements dans les infrastructures, l'agriculture, l'énergie et d'autres secteurs prioritaires dans les pays éligibles au Fonds africain de développement.

Élu pour un premier mandat de cinq ans, le nouveau président du Groupe de la Banque africaine de développement, Dr Sidi Ould Tah, a fait des partenariats un point essentiel dans sa vision de développement de l'Afrique ancrée dans les Quatre points cardinaux.

Le fait est que l'Afrique accuse un déficit de financement annuel de 400 milliards de dollars et la première institution financière de développement du continent, à elle seule ne peut combler ce gap. « Le Groupe de la Banque africaine de développement à elle seule ne peut pas tout faire seul », rappelle-t-il avec pragmatisme à ses interlocuteurs, précisant que les approbations de l'institution panafricaine représentent moins de 10 % des besoins de financement du continent.

En finançant seul des projets, le Groupe de la Banque africaine de développement parvient à transformer le quotidien de millions de vies sur le continent. Mais engagé dans un partenariat avec d'autres institutions au développement, l'impact de ses projets sur le continent serait plus que maximisé. Au cours de ces deux dernières décennies, l'institution a considérablement diversifié ses partenaires, en grande partie, grâce à sa crédibilité institutionnelle, à sa visibilité accrue et à sa place en tant que première institution de financement du développement en Afrique notée triple A.

« Ce qui est nécessaire maintenant, c'est un partenariat plus structuré et tout à fait stratégique », déclarait début janvier Dr Ould Tah, lors de la signature du protocole d'accord stratégique avec le Fonds de l'OPEP pour le développement international. Son programme des Quatre points cardinaux veut surtout éviter la fragmentation et le travail en silo qui, assure-t-il, ne produisent pas d'impact à grande échelle.

Preuve du début d'une nouvelle ère en matière de mobilisation de ressources et de recherche d'impact à plus grande échelle, le Groupe de la Banque et le Groupe de coordination arabe ont lancé à la mi-janvier 2026 à Abidjan, une nouvelle phase de leur partenariat visant à accroître le cofinancement, à mobiliser des capitaux privés et à accélérer la transformation économique de l'Afrique. Cet autre partenariat stratégique permet de tracer les sillons d'une plateforme commune pour passer d'une coopération fragmentée à un co-investissement programmatique à grande échelle. L'objectif pour le Groupe de la Banque étant de faire en sorte que chaque dollar investi permette de déclencher un effet de levier supérieur en cofinancements pour soutenir la croissance durable et l'intégration régionale.


Des tandems à forts impacts

Le Groupe de la Banque et le Groupe de la Banque mondiale et d'autres partenaires tels que la Fondation Rockfeller, Sustainable Energy for All (SEforALL) et l'Alliance mondiale de l'énergie pour les peuples et la planète (GEAPP), ont lancé début 2025, la « Mission 300 », une initiative visant à accélérer le rythme de l'électrification en Afrique subsaharienne et à fournir à 300 millions de personnes de l'électricité fiable.

En 2015, le Grouve de la Banque et l'Union ont signé un mémorandum établissant un partenariat étroit entre les deux institutions. La Commission européenne et le Groupe de la Banque ont aligné leurs priorités dans le cadre de la stratégie « Global Gateway » de l'Union européenne. Les opérations de cofinancement entre l'UE et la Banque africaine de développement ont considérablement augmenté au cours des années 2022 à 2024 atteignant 972 millions d'euros en opérations et garanties mixtes. En 2024, les deux parties ont signé un nouvel accord-cadre de partenariat financier visant à stimuler les investissements dans les projets d'infrastructure sur le continent.

Elles travaillent également ensemble pour soutenir les petites et moyennes entreprises en Afrique. En novembre 2025, la BEI Monde (branche de la Banque européenne d'investissement) et la Banque africaine de développement ont signé un accord pour investir 275 millions de dollars pour moderniser le corridor ferroviaire principal en Mauritanie. Ce projet d'envergure vise à étendre et réhabiliter la ligne Zouerat-Nouadhibou, à renforcer la compétitivité de la Mauritanie, à soutenir la croissance verte et à dynamiser l'intégration régionale.

Les partenariats pour le cofinancement du Groupe de la Banque africaine de développement se matérialisent dans des initiatives sectorielles : énergie, climat, intégration, secteur privé ou encore pour l'accès à l'eau et à l'assainissement et au développement du secteur privé.

En mai 2022, le Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé la Facilité africaine de production alimentaire d'urgence de 1,5 milliard de dollars pour faire face aux conséquences dues à la guerre entre l'Ukraine et la Russie. L'objectif était d'aider une trentaine de pays à augmenter leur production de céréales (riz, maïs, manioc). Le Japon s'y est joint avec un cofinancement de 224 millions d'euros à travers l'Agence japonaise de coopération internationale.

En République démocratique du Congo, plus de 325 tonnes de riz, 388 tonnes de maïs et 1,4 million de mètres linéaires de bouture de manioc ont ainsi pu être distribués aux populations. Ce sont 49 749 ménages agricoles qui ont pu être touchés, dont une majorité de femmes, souvent en première ligne pour nourrir leurs foyers. Dans les provinces du Kwilu, du Kasaï et de la Tshopo, les communautés rurales ont ainsi repris possession de leurs terres avec une énergie nouvelle.

Au Burkina Faso, les rendements de sorgho sont passés de 900 kilogrammes par hectare à l'évaluation du projet, à 1,2 tonne à l'hectare, à l'achèvement du programme. Ceux du soja ont largement dépassé les prévisions, passant de 900 kg/ha à 1,6 tonne à l'hectare sur un objectif de 1,5 tonne.

Afin d'intensifier leurs efforts collectifs pour lutter contre la fragilité et renforcer la résilience en Afrique, la Banque islamique de développement et le Groupe de la Banque ont renforcé, il y a un an, leur partenariat stratégique.

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