Infrastructures : Berlin accompagne Yaoundé dans la structuration d’un portefeuille de 32 milliards d’euros

 

(Investir au Cameroun) - L’Allemagne se positionne comme facilitateur auprès du Cameroun pour préparer la mobilisation de financements autour de grands projets d’infrastructures. Cette orientation a été réaffirmée le 28 avril 2026 à Yaoundé, à l’issue des discussions intergouvernementales entre les deux pays.

L’enjeu porte sur un portefeuille de 27 projets structurants en partenariat public-privé, dont neuf présentés comme prioritaires. Ils couvrent notamment le transport, l’énergie, l’agro-industrie, les ports et l’habitat. Selon Cameroon Tribune, l’ensemble représenterait environ 21 000 milliards FCFA, soit près de 32 milliards d’euros.

La précision est essentielle : ce montant ne correspond pas à un engagement financier de l’Allemagne. Il s’agit du coût estimatif d’un portefeuille de projets que Yaoundé cherche à rendre finançable auprès de partenaires publics, privés et multilatéraux.

Des projets encore à rendre bancables

Pour la partie allemande, la priorité consiste désormais à transformer les projets identifiés en opérations capables d’attirer des financements. Philipp Knill, présenté comme chef de la délégation allemande, a insisté sur la nécessité de passer des études aux projets bancables.

« Nous avons reçu le mandat d’organiser cette table ronde pour transformer des études en projets bancables et en prêts à l’investissement. Nous sommes là non pour discuter, mais pour agir, finaliser les études, tester les modèles de financement PPP et surtout sécuriser les prêts d’engagement que nous créons », a-t-il déclaré.

Cette déclaration montre que le processus reste dans une phase de structuration technique et financière. Avant toute mobilisation effective de fonds, les projets devront être documentés, chiffrés, sécurisés juridiquement et présentés dans un format compatible avec les exigences des bailleurs et des investisseurs.

Des partenaires approchés, mais pas encore d’engagements détaillés

La partie allemande affirme avoir engagé un travail de prospection auprès de plusieurs institutions financières et partenaires internationaux. Les acteurs cités comprennent notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Agence française de développement, la Banque européenne d’investissement, Proparco, ainsi que des fonds du Golfe.

« Nous avons déjà entamé un roadshow international il y a trois ans qui nous a conduits dans plusieurs capitales européennes et aux Émirats arabes unis. Nous avons rencontré notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’AFD, la BEI, Proparco, le TFW, Abu Dhabi Fund et le Qatar Investment Fund », a affirmé Philipp Knill.

À ce stade, aucune ventilation par bailleur, aucun calendrier de décaissement ni aucun niveau d’engagement ferme n’ont été rendus publics. Les lettres d’intention ou marques d’intérêt devront donc être distinguées de conventions de financement signées.

Une table ronde attendue à Paris

La prochaine étape devrait être l’organisation d’une table ronde de bailleurs à Paris. Elle doit permettre de mesurer l’appétit réel des partenaires financiers pour les projets proposés par le Cameroun.

« Je vous donne donc rendez-vous à Paris dans les prochains mois pour la grande table ronde des bailleurs PPP qui réunira l’ensemble des bailleurs mondiaux », a déclaré le responsable allemand.

Cette rencontre sera un test pour le portefeuille camerounais. Elle permettra d’identifier les projets disposant d’études suffisamment avancées, d’un modèle économique crédible et d’un cadre juridique rassurant pour les investisseurs.

Transformer l’élan politique en projets finançables

L’intérêt allemand intervient alors que le Cameroun cherche à diversifier ses sources de financement et à recourir davantage aux partenariats public-privé pour ses infrastructures. Les discussions intergouvernementales entre Yaoundé et Berlin s’inscrivent aussi dans une coopération bilatérale plus large, évaluée par la presse camerounaise à plus de 320 milliards FCFA. Un nouveau cycle de financement d’environ 58,4 à 58,5 milliards FCFA, dominé par les dons, est également évoqué.

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