Crédit-bail, affacturage, marché financier : les alternatives au crédit bancaire gagnent du terrain auprès des PME


(Investir au Cameroun) - Face aux difficultés persistantes des petites et moyennes entreprises (PME) à accéder au crédit bancaire classique, des experts financiers ont mis en avant, le 25 mars à Douala, plusieurs mécanismes alternatifs susceptibles de mieux répondre aux besoins de financement de ces entreprises. Ces pistes ont été présentées lors d’un symposium national baptisé « Coffee Time », placé sous le thème : « Construire des passerelles efficaces entre l’État et les banques locales pour une croissance inclusive et durable ». Selon les organisateurs, la rencontre a réuni plus de 300 participants.

Des mécanismes pour soulager la trésorerie des entreprises

Parmi les solutions mises en avant figure l’affacturage. Ce mécanisme permet à une entreprise de céder ses factures clients à un établissement spécialisé afin d’obtenir rapidement de la trésorerie, sans attendre l’échéance de paiement. Pour Angela Ngo Ndouga, directrice générale de Yellow Factoring, ce dispositif peut apporter une réponse immédiate aux tensions de liquidité des PME, en leur permettant d’améliorer leur trésorerie et d’accélérer leur cycle d’exploitation.

Autre levier présenté : le crédit-bail, ou leasing. Ce mode de financement permet à une entreprise d’utiliser un bien mobilier ou immobilier financé par un établissement spécialisé, avec la possibilité de l’acquérir à la fin du contrat. Selon Yannick Kemayou, responsable leasing Douala à la Société camerounaise d’équipements (SCE), cette formule constitue une réponse à la difficulté, pour de nombreuses PME, de présenter les garanties généralement exigées par les banques. Elle permet notamment de financer des investissements tels que les véhicules, les machines ou les locaux professionnels, sans mobiliser immédiatement une part importante de la trésorerie.

La finance islamique a également été présentée comme une alternative crédible. Fondée sur des principes éthiques conformes à la charia, elle proscrit l’intérêt, la spéculation excessive et l’incertitude, tout en privilégiant le partage des profits et des pertes. Adossée à l’économie réelle, elle repose sur des actifs tangibles et exclut les investissements dans des secteurs jugés illicites, comme l’alcool ou les jeux de hasard.

Le marché financier, une voie plus exigeante

Au-delà de ces mécanismes, les intervenants ont également souligné les possibilités offertes par le marché financier régional. Avec les réformes engagées par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), le régulateur du marché financier de la Cemac, les PME peuvent, dans certaines conditions, envisager un recours à la bourse ou aux sociétés de bourse pour mobiliser des ressources.

Marcel Ntonga, directeur général adjoint chez Elite Capital Securities Central Africa (EXCA S.A.), précise toutefois que l’accès à ce type de financement reste encadré. Une PME souhaitant s’orienter vers le marché financier doit notamment adopter la forme de société anonyme avec conseil d’administration, disposer d’un capital d’au moins 10 millions de FCFA et compter au minimum cinq employés.

Pour les experts réunis à Douala, ces instruments alternatifs constituent des pistes sérieuses pour desserrer l’étau du financement bancaire classique. Ils estiment néanmoins qu’aucune solution ne sera pleinement efficace sans une meilleure articulation entre les acteurs publics et privés.

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