Sécurité sociale : le Cameroun prévoit 34 millions de FCFA pour deux études de réforme


 Le ministère du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss) prévoit de consacrer 34 millions de FCFA à deux études destinées à préparer la réforme du système camerounais de sécurité sociale. La première, dotée de 17 millions de FCFA, portera sur l'évaluation générale du dispositif. La seconde, financée à hauteur du même montant, examinera les possibilités d'élargir les prestations de l'assurance volontaire, notamment au bénéfice des travailleurs indépendants et de ceux du secteur informel.

Les deux appels d'offres nationaux ouverts, signés le 12 octobre 2026 par le ministre Grégoire Owona, interviennent alors que le Cameroun cherche à étendre la protection sociale. La Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) prévoit de porter son taux de couverture à plus de 50 % à l'horizon 2030, contre 22 % en 2018, année de référence retenue dans le document.

Les statistiques de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) montrent toutefois les difficultés rencontrées par le régime d'assurance volontaire. Selon son annuaire statistique 2025, le nombre de nouvelles immatriculations est passé de 43 378 en 2024 à 31 903 en 2025, soit une baisse de 26,5 %. À la fin de l'exercice, la CNPS recensait 325 239 assurés volontaires, mais seulement 6 339 cotisants dans son tableau consacré à ce régime.

La première étude devra notamment mesurer la couverture effective des différentes catégories de travailleurs et identifier les obstacles à son élargissement. Elle examinera également la qualité des services rendus aux assurés sociaux, leur accessibilité et la rapidité du traitement des prestations.

Le cabinet retenu devra aussi apprécier la viabilité financière et actuarielle des différents régimes à moyen et long terme. Son diagnostic portera sur les mécanismes de contrôle, la gestion des risques et la répartition des responsabilités entre les institutions. Il évaluera la conformité du système aux normes de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres), ainsi que la modernisation des outils de gestion et l'interopérabilité des systèmes d'information.

Cette revue devra également identifier les complémentarités et les éventuels chevauchements entre sécurité sociale, assurances volontaires, mutuelles et régimes complémentaires. Le rapport final proposera une feuille de route précisant les réformes prioritaires, les institutions responsables, les échéances indicatives et les indicateurs de suivi.

Parallèlement, la seconde étude se concentrera sur le régime d'assurance volontaire administré par la CNPS. Elle devra déterminer quelles prestations supplémentaires pourraient être proposées aux adhérents, en fonction de leurs besoins et des capacités financières du régime. Le cabinet analysera les coûts, les modalités de financement, les modifications réglementaires nécessaires et les risques associés aux différents scénarios d'extension. Lire la suite ICI

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